
Le 8 mai, la barbarie nazie, ce système politique et idéologique basé sur la négation de l’humanité, était vaincue. Depuis 81 ans, cette date marque la victoire contre le nazisme. Le peuple de France se souvient et commémore, dans une promesse renouvelée chaque année pour ne pas oublier les horreurs de la seconde guerre mondiale, Ce fut le combat acharné des résistants-es, des partisans-es, des communistes, des syndicalistes, des antifascistes de toutes origines qui mit fin à la suprématie hitlérienne et au régime collaborationniste de Vichy.
Aujourd’hui, les députés du « Rassemblement national », dont le parti fut créé par d’ancien nazis, n’ont guère de scrupule à participer aux commémorations. Dans une mise en scène orchestrée par plusieurs maires RN, ils tentent même de s’approprier honteusement cette commémoration. Ils salissent la mémoire de ceux qui furent persécutés-es et assassinés-es. Ils profitent de l’ambiguïté de la routine de la pratique mémorielle pour une fois de plus normaliser le RN et faire oublier son idéologie.
Certains diront que c’est au nom de la réconciliation. Au nom de cette même réconciliation, De Gaulle avait pris dans son gouvernement le tristement célèbre Papon qui avait envoyé des juifs en Allemagne. Préfet de police, il ordonna de réprimer deux manifestations, l’une en 1961 qui fit des dizaines d’Algériens morts massacrés ou noyés et une autre qui en 1962 fit 9 morts au métro Charonne. Sont-ils légitimes à commémorer la défaite du nazisme et de la déportation, la question ne devrait-elle pas se poser ? Le devoir de mémoire est bafoué par leur présence indécente qui fait un pied de nez à l’histoire.
Michel Grossmann
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