
YSchools :
Les difficultés financières du groupe YSchools, révélées par la presse locale, ne sont pas un simple accident. À Troyes, elles illustrent les dérives d’un modèle largement soutenu par les pouvoirs publics : celui d’un enseignement supérieur privé financé, en partie, par l’argent public.
Un choix politique plus que contestable
Depuis plusieurs années, YSchools s’est développée à marche forcée : multiplication des formations, montée en puissance de la formation professionnelle, projets immobiliers, ambitions à l’international. Selon la presse spécialisée (L’Étudiant, EducPros), le groupe visait un budget d’environ 30 millions d’euros et plusieurs milliers d’étudiants.
Mais cette croissance ne s’est pas faite seule. Elle s’est appuyée sur un environnement fortement soutenu par des financements publics. Sur son propre site, Y Schools met en avant les dispositifs d’aide mobilisant la Région Grand Est, les collectivités et des financements publics pour permettre aux étudiants de suivre leurs formations. À cela s’ajoutent les financements massifs de l’apprentissage, largement pris en charge par l’argent public.
Ce constat pose une question de fond : pourquoi mobiliser de l’argent public pour soutenir des structures privées, dépendantes de logiques de marché, alors que le service public de l’enseignement supérieur manque cruellement de moyens ?
À Troyes et dans l’Aube, le développement de YSchools a été présenté comme un levier d’attractivité du territoire. Les collectivités locales ont accompagné cette stratégie, directement ou indirectement. Mais derrière cette logique d’attractivité, c’est un choix politique qui a été fait : celui de privilégier un modèle privé plutôt que de renforcer le service public.
Quand l’argent public finance l’échec
La situation actuelle est sans appel. Des fonds publics ont contribué à soutenir un groupe privé qui se retrouve aujourd’hui en difficulté.
Autrement dit :
- l’argent public a financé un développement privé sans garantir la stabilité du modèle ! Ce n’est pas seulement un risque mal anticipé. C’est la conséquence d’un système où l’on accepte que l’argent public alimente des structures privées sans contrôle. Dans ce modèle, les bénéfices - en termes d’image ou de développement - sont privatisés, mais lorsque les difficultés apparaissent, ce sont les conséquences qui deviennent collectives.
Et toute cette situation a des conséquences bien réelles :
Aujourd’hui, ce sont les salariés, les étudiants et le territoire qui se retrouvent exposés aux incertitudes. L’avenir de formations, d’emplois et de parcours est fragilisé.
Dans le même temps, les universités publiques continuent de subir un sous-financement chronique, alors même qu’elles assurent l’essentiel de l’accès à l’enseignement supérieur.
Replacer l’intérêt général comme seule boussole
Au-delà du cas de YSchools, c’est toute une logique qui est en cause : celle d’une marchandisation progressive de l’enseignement supérieur, où l’argent public accompagne des stratégies privées sans en maîtriser les effets.
À Troyes comme ailleurs, la question est désormais clairement posée : faut-il continuer à financer ce type de modèle, ou réinvestir dans un service public de l’enseignement supérieur, accessible, stable et démocratique ?
La situation actuelle agit comme un révélateur. Elle montre qu’en matière d’éducation, faire dépendre l’intérêt général de logiques privées conduit à des impasses. Et qu’au final, lorsque le privé vacille, c’est toujours le public et donc la population qui se retrouve à payer l’addition.
♦ Supprimer la sélection à l’entrée de l’université : Le PCF propose d’abroger les réformes du lycée et du baccalauréat, et de supprimer “ Parcoursup”. Le bac, diplôme national, reposera de nouveau sur des épreuves nationales communes à tou·te·s les élèves, et il garantira une place dans une formation choisie dans l’enseignement supérieur.
♦ Reconstruire un enseignement supérieur public digne de ce nom en France : réévaluer le budget de l’enseignement supérieur, créer de nouvelles universités, lancer un plan de recrutement d’enseignants chercheurs.
♦ Mise en place d’un revenu étudiant.
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