
On connait les répliques incisives et tendancieuses de Mélenchon qui flirte souvent avec une ambiguïté malsaine. Coutumier du fait, il se retrouve souvent dans une posture embarrassante et s’empêtre dans des explications vasouillardes. En jouant sur la prononciation des noms de Jeffrey Epstein et celui de Raphaël Glucksmann, comme pour en accentuer la consonance juive, il fit un dérapage ; contrôlé ou incontrôlé ? Allez savoir… Paraî-til que ce n’était pas intentionnel. Mais c’est peu crédible surtout venant du leader de la France insoumise qui avec son expérience de vieux briscard, sait qu’en politique les mots ne sont jamais innocents. Faire ce genre de jeux de mots sur les noms, rappelle les pratiques de l’extrême droite, quand Jean-Marie Le Pen visait Michel Durafour, le ministre à l’époque l’appelant « Durafour crématoire » et niant l’existence des chambres à gaz qui n’étaient pour lui qu’un point de détail de l’histoire.
À force de jouer avec le feu, il rompt la longue tradition de lutte contre le racisme et l’antisémitisme de la gauche. Après cela, que reste-t-il de l’exigence morale que la gauche revendique ? Il repousse les frontières de l’insupportable, la gauche toute entière s’en trouve impactée. L’extrême droite a sauté sur l’occasion, faisant semblant d’être choquée par cet antisémitisme ; un renversement des valeurs, qui fait un pied de nez à l’histoire ! Mélenchon se plaît à passer pour l’insurrectionnel permanent et à rappeler sa posture d’intellectuel, de celui qui sait tout en usant d’éléments de langage parfois « débauchés », pour faire popu afin de séduire le plus grand nombre, espérant ainsi attirer à lui les abstentionnistes en vue de la présidentielle. Parfois les illusions n’ont pas la vie longue.
Michel Grossmann
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