
Municipales - Romilly-sur-Seine
Le 2e tour des élections municipales de Romilly-sur-Seine sonne le glas de l’ère Vuillemin. Adam Da Mota ravit la mairie à 88 voix près. Le challenger était pourtant arrivé deuxième, derrière le maire sortant, à l’issue du premier tour. Force est de constater que cette campagne a été fortement marquée par une volonté de « dégagisme » dont Éric Vuillemin a fait les frais.
Mais est-ce vraiment la fin d’une ère ?
Adam Da Mota a réussi à surfer sur cette vague de dégagisme en parlant « d’alternance » et en se présentant auprès des gens comme le renouveau après une longue campagne de terrain. Cette stratégie a été payante, tant la politique du maire sortant, mais aussi son attitude souvent jugée méprisante, ont lassé les Romillonnes et Romillons.
Mais en réalité, Adam Da Mota est-il la nouveauté ?
À cette question, la gauche a répondu non, depuis le début de la campagne étant donné que ce dernier était colistier d'Éric Vuillemin en 2020 et a oeuvré dans la majorité jusqu’en 2023. Enfin, lorsqu’il a claqué la porte de celle-ci, il a bien précisé dans un courrier adressé à Éric Vuillemin qu’il restait en accord sur le fond avec la majorité de droite sortante. Il en a d’ailleurs voté tous les budgets.
Dès ce lundi, la droite auboise a aussi répondu à la question : François Baroin, lui-même, a expliqué à nos confrères de l’Est-Éclair qu’il connaissait bien le nouveau maire de Romilly puisque c’est un adhérent « Les Républicains » de l’Aube… Puis un autre article est sorti dans la presse locale intitulé « La revanche des ex » expliquant que plusieurs personnalités de droite se trouvaient sur la liste Da Mota et donc désormais dans la nouvelle majorité. Ces fameuses personnalités ont d’ailleurs soutenu, elles aussi, Éric Vuillemin pendant des années.
Il est donc permis de douter du fait qu’un véritable changement ait lieu, d’ailleurs en aucun cas le programme d’Adam Da Mota ne rompt avec la politique de droite menée pendant des années à Romilly.
Un spectacle affligeant :
Les derniers jours de campagne ont été particulièrement pénibles, notamment sur les réseaux où les deux candidats en tête se sont donnés en spectacle par le biais de vidéos interposées. Ce fut le cas notamment autour de la question de la construction d’un lampadaire dans l’impasse du Maroc. Éric Vuillemin s’est d’ailleurs montré particulièrement prolifique dans le domaine avec un nombre pharaonique de vidéos publiées, ce qui semble l’avoir plutôt desservi.
La gauche rassemblée : digne et constante
Face à cela, la liste de la gauche rassemblée a mené une campagne claire de fidélité à ses valeurs. Valeurs que les élus de gauche sortants, menés par la tête de liste Fethi Cheikh, ont portées sans relâche pendant 6 ans et ont toujours su opposer aux projets néfastes, tout en étant force de propositions.
Face à ceux qui parlaient « d’alternance » Fethi Cheikh parlait lui « d’alternative », avec un programme qui portait vraiment le changement : une politique municipale tournée vers l’humain, pour le développement des services publics, une politique pour mieux vivre à Romilly.
Malheureusement, la gauche a pris de plein fouet « le vote utile » qui s’est exprimé sur la candidature d’Adam Da Mota et qui a réussi à catalyser le ras-le-bol de la majorité sortante. Tout cela aidé par un contexte national de poussée des droites et des extrêmes droites et aidé, bien sûr aussi, par la division et la trahison à gauche. Pour rappel, le candidat « de la gauche de rupture » Mickael Millet a appelé à voter pour la liste Da Mota au second tour.
Malgré cela, les deux élus de Ensemble pour Romilly continueront à porter la voix de la gauche au Conseil municipal et les militants de gauche continueront eux aussi à travailler pour et avec les Romillons tout au long de ce prochain mandat, comme ils l’ont toujours fait.
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