CACOPHONIE À CLAIRVAUX

CACOPHONIE À CLAIRVAUX

Aube

Visiblement la question de la centrale de Clairvaux est un beau moyen pour la droite auboise d’alimenter sa guéguerre interne à grand renfort d’opportunisme politique.

En effet, le 15 janvier dernier François Baroin, accompagné de son collègue le Maire de Bar-Sur-Aube, Philippe Borde, a adressé un courrier au Ministre de l’intérieur Gérald Darmanin pour lui proposer que le site de Clairvaux redevienne une prison et accueille les fameux 100 plus gros narcotrafiquants de France.

Gérald Darmanin a effectivement annoncé il y a quelques jours sa volonté de mettre en place une prison regroupant les fameux « narco » pour les isoler. Évidemment à aucun moment dans son projet la question des conditions carcérales, de la surpopulation dans les prisons et de l’état de l’institution pénitentiaire déjà bien fragile n’ont été abordées.

Un coup de com’ qui encore une fois a pour rôle de faire les yeux doux à la droite et droite extrême, et visiblement cela fonctionne, preuve en est avec nos élus locaux !

François Baroin fut le premier à dégainer avec son courrier, immédiatement suivie par Valérie Bazin Malgras puis… Jordan Guitton député RN de la circonscription où se trouve le site de Clairvaux.

Évidemment les arguments du Maire de Troyes se veulent axés sur la défense de notre territoire. Il explique dans son courrier que la décision de l’État de fermer la prison puis de céder le site au ministère de la culture avait été vivement contestée par les élus locaux.

Il avait pourtant mis plus de 15 jours à réagir à cette décision à l’époque… Il est décidément plus rapide pour saisir la main de Darmanin. La vétusté de la prison n’est pas abordée dans le courrier, question pourtant centrale dans la décision de 2016 amenant à la fermeture.

Reste à savoir comment sera accueillie cette proposition au sein de la population du bassin de vie concerné. Ils attendent en effet depuis plus de 5 ans un débouché pour la reconversion du lieu et force est de constater que les négociations sont désormais au point mort. Le ministère de la Culture avait lancé une procédure d’appel à manifestations d’intérêt en 2022, un groupement porteur de projet avait été retenu et une phase de négociation exclusive a eu lieu en 2024 avec EDEIS-ADIM, mais l’État y a mis fin il y a quelques jours.

Le projet du groupement en question proposait un hôtel et un musée de la pénitentiaire pour un coût de 150 millions d’euros. Il est assez facile d’imaginer que les dépenses culturelles ne sont malheureusement pas prioritaires pour le gouvernement Bayrou.

 

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