

Madame Le Pen est une navigatrice, capable de sentir le vent tourner et prendre les mesures qui conviennent pour arriver à ses fins, lesdites fins étant le pouvoir et les avantages financiers qui vont avec. Tout le reste est littérature. Ainsi être absolument scandalisée en 2013 par des politiques convaincus de détournement de fonds publics ou autre délit méritant une inscription au casier judiciaire, ça va tant que cela ne la concerne pas. Mais quand son avenir politique est en jeu, tout cela vole en éclats et le bon peuple est censé la porter quand même au pouvoir malgré son reniement.
Monsieur Mélenchon s'essaye, lui, au métier d'illusionniste : faire voler en éclats, à gauche, l'universalisme, en rejetant une partie des Français qui ne conviendraient pas a priori à la grande transformation sociale, en raison de leur « couleur » et/ou de leur christianisme, renier ainsi les grandes envolées de son discours du 21 septembre 2012 pour l'anniversaire de la bataille de Valmy, à l'invitation de la Société des Études Robespierristes - la République est une et indivisible -, et penser que l'électorat de gauche le portera quand même au pouvoir malgré ce reniement.
Les deux stratégies procèdent du même mépris pour l'intelligence des Français et du même mépris pour la République. Des trois valeurs de la devise française ne reste plus que « liberté ». L'égalité face à la justice et celle entre tous les citoyens ont disparu, la fraternité n'est plus qu'un concept vide dans les deux cas. La liberté, sans l'égalité ni la fraternité, devient seulement celle de ceux à qui on a donné le pouvoir.
Sans doute comptent-ils sur la lassitude des Français qui finiraient par accepter les « affaires » et le reniement comme choses naturelles en politique. Il appartient dès lors aux communistes d’ouvrir à gauche une alternative politique, radicale et réaliste, fidèle, elle, à la devise révolutionnaire.
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