
Rentrée scolaire
À quelques jours de la rentrée, cartables, cahiers, vêtements et chaussures remplissent les caddies. Cette année, une bonne nouvelle apparaît pourtant dans les rayons : selon Familles de France, le panier moyen de fournitures pour un élève entrant en sixième s’établit à 180,80 euros, contre 211,10 euros en 2025, soit une baisse de 14,35 %.
Mais ce chiffre ne raconte qu’une partie de la rentrée. Il ne comprend pas la cantine, les transports, les activités ou l’ensemble des vêtements et équipements qui accompagnent le retour à l’école.
Une autre enquête, réalisée par CSA Research pour Cofidis, dessine ainsi un tableau moins rassurant. Les parents interrogés prévoient de consacrer 488 euros en moyenne à la rentrée 2026, soit 79 euros de plus que l’an dernier. Sept familles sur dix déclarent devoir se serrer la ceinture pour financer ces dépenses. Derrière la baisse du prix de certaines fournitures demeure donc une réalité : pour beaucoup, septembre reste un mois difficile.
Une allocation indispensable
C’est dans ce contexte que l’Allocation de Rentrée Scolaire a été versée le 18 août. Son montant atteint cette année 426,87 euros pour les 6-10 ans, 450,41 euros pour les 11-14 ans et 466,02 euros pour les 15-18 ans. Elle est attribuée sous conditions de ressources : pour une famille avec un enfant, le plafond est fixé à 28 956 euros de revenus annuels.
Dans l’Aube, cette aide est loin d’être marginale. Les dernières données détaillées publiées par la Caf départementale indiquent qu’en 2024, 14 003 foyers allocataires bénéficiaient de l’ARS, pour un montant total de plus de 10,6 millions d’euros.
Un chiffre qui dit aussi quelque chose de la situation sociale du département. Selon l’Insee, 18,1 % des Aubois vivent sous le seuil de pauvreté. Et 45,8 % des habitants sont couverts, directement ou par l’intermédiaire de leur foyer, par au moins une prestation de la Caf. Dans l’Aube, près d’un ménage sur quatre perçoit par ailleurs une prestation de solidarité ou d’insertion.
L’école gratuite… mais une rentrée qui ne l’est pas
Ces données permettent aussi de mesurer ce que représente réellement l’ARS. Loin du vieux procès régulièrement fait aux familles modestes sur l’utilisation de cette allocation, elle constitue pour beaucoup un apport indispensable lorsque plusieurs dépenses arrivent simultanément. Car un enfant qui grandit, ce n’est pas seulement une nouvelle trousse. Ce sont des chaussures devenues trop petites, des vêtements à remplacer, parfois un cartable, une calculatrice ou un équipement sportif. Puis viennent la restauration scolaire, les transports, les sorties et les activités.
Et toutes les familles en difficulté ne touchent pas l’ARS. Les effets de seuil laissent également au-dessus des plafonds des travailleurs aux revenus modestes qui subissent, eux aussi, le coût du logement, de l’alimentation, de l’énergie ou des assurances.
La rentrée agit ainsi comme un révélateur des inégalités. L’école publique est gratuite en principe, mais une partie de ce qui permet concrètement à un enfant d’y étudier dans de bonnes conditions continue de reposer sur le portefeuille des parents.
Réduire durablement cette facture suppose d’aller plus loin : tendre vers la gratuité réelle des fournitures indispensables, développer une restauration scolaire accessible à tous, renforcer les aides aux transports et aux activités. Mais aussi poser la question des salaires : les prestations sociales sont indispensables, elles ne peuvent pas être condamnées à compenser éternellement des revenus insuffisants.
À quelques jours du retour en classe, la baisse du prix des fournitures est donc bonne à prendre. Mais pour des milliers de familles auboises, l’équation reste la même : permettre à leurs enfants de commencer l’année comme les autres sans sacrifier le reste du budget familial. L’égalité à l’école commence aussi par là.
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