
Le Coq sportif
Alors que l’avenir du Coq Sportif suscite une vive inquiétude à Romilly-sur-Seine, le Conseil municipal du 5 juin a donné lieu à une décision difficile à comprendre.
Fethi Cheikh, au nom des élus de gauche, avait déposé plusieurs jours avant la séance un voeu consacré à la défense de l’emploi et de l’activité industrielle sur le site romillon. Un texte pourtant mesuré, qui rappelait l’attachement de la ville à son histoire textile, exprimait sa solidarité avec les salariés et demandait davantage de transparence sur l’avenir de l’entreprise ainsi que sur l’utilisation des aides publiques accordées au fil des années.
Ce voeu ne demandait rien d’extraordinaire. Il ne remettait pas en cause la majorité municipale. Il ne faisait qu’affirmer quelques principes simples : défendre les emplois, préserver le savoir-faire local, associer les représentants des salariés aux discussions et conditionner les aides publiques au maintien de l’activité.
Pourtant, le maire a refusé de le soumettre au débat et au vote du conseil municipal, invoquant des arguments de procédure pour reporter son examen. Alors que pourtant aucun délai de dépôt des voeux n’est fixé par le code général des collectivités territoriales. Cette décision interroge.
Au moment où un plan de licenciement menace plusieurs salariés, au moment où une partie de la production est annoncée à Aubervilliers, au moment où l’inquiétude grandit parmi les travailleurs et leurs familles, le minimum aurait été que les élus puissent débattre publiquement de la situation.
D’autant que les collectivités publiques ont accompagné l’entreprise depuis des années. La ville de Romilly-sur-Seine a notamment accordé d’importantes garanties d’emprunt et différents soutiens publics. Il est donc parfaitement légitime de demander des comptes sur l’utilisation de l’argent public et sur les garanties apportées à l’avenir du site.
Il faut également rappeler que la situation actuelle ne tombe pas du ciel. Les précédentes directions du Coq Sportif ont elles aussi bénéficié d’un soutien public important sans que cela n’empêche l’entreprise de s’enfoncer dans les difficultés. L’ancienne municipalité porte sa responsabilité dans ce dossier. Pendant des années, elle a accompagné les choix des dirigeants, accordé des garanties d’emprunt et mobilisé l’argent public au nom de la sauvegarde de l’activité.
Aujourd’hui, alors que les emplois sont à nouveau menacés et qu’une partie de la production pourrait quitter Romilly-sur-Seine, il est légitime de s’interroger sur l’utilisation de ces fonds publics et sur les contreparties qui auraient dû être exigées en matière d’emploi, d’investissement et de maintien de l’activité. Le silence de la députée RN, également Conseillère municipale, Angelique Ranc dans ce dossier est également à souligner.
Les salariés, les syndicats et les habitants attendent aujourd’hui autre chose que le silence ou les reports de calendrier. Ils attendent des prises de position claires et une mobilisation à la hauteur des enjeux.
Car derrière les débats de procédure, il y a des emplois, des familles et une partie de l’avenir industriel de Romilly-sur-Seine. Et sur ces questions, il est essentiel que les élus locaux prennent position.
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