
Conseil municipal de Romilly
Le Conseil municipal de Romilly-sur-Seine a été marqué par plusieurs débats portant sur l’emploi, les écoles et le fonctionnement de l’Assemblée municipale.
Adam Da Mota refuse de soutenir un voeu en faveur de la transparence sur l’utilisation de l’argent public
L’un des principaux temps forts de la séance a été l’adoption d’un voeu présenté par Fethi Cheikh, au nom du groupe de l’union de la gauche, en faveur de la défense de l’emploi, du maintien de la production à Romilly-sur-Seine et de la réalisation d’un audit sur l’utilisation des fonds publics accordés au Coq Sportif. Le texte demande également que toute nouvelle aide publique soit conditionnée au maintien des emplois et de l’activité sur le territoire.
Le maire, Adam Da Mota, a choisi, avec sa majorité, de ne pas prendre part au vote, estimant que ce voeu constituait une ingérence dans la gestion de l’entreprise. Fethi Cheikh a défendu une position inverse, considérant que la défense de l’emploi local et la transparence dans l’utilisation des fonds publics relèvent pleinement de l’intérêt général. Les élus de gauche ont également annoncé leur présence au rassemblement organisé par l’intersyndicale devant le site du Coq Sportif afin d’apporter leur soutien aux salariés.
Autre dossier important : le Conseil municipal a validé les retraits de postes d’enseignants proposés par l’Éducation nationale dans plusieurs écoles de la commune. Les élus de gauche ont voté contre cette délibération, estimant que ces suppressions fragilisent les conditions d’enseignement et l’avenir de l’école publique.
Au cours de la séance, Emilie Gesnot a également attiré l’attention de la municipalité sur le contrat précaire proposé aux agents chargés de la surveillance aux abords des écoles. Elle a, cependant, souligné le rôle essentiel de ces personnels dans la sécurité des enfants et appelé à une amélioration de leurs conditions d’emploi.
Le règlement intérieur du Conseil municipal a également fait l'objet de vifs échanges. Les élus de gauche ont voté contre sa modification, dénonçant le refus de la majorité de retenir plusieurs propositions destinées à garantir un meilleur exercice des droits de l'opposition. Parmi elles figuraient la mise à disposition d'un local de permanence en mairie ainsi que le maintien d'un délai de trois jours pour le dépôt des amendements et des voeux, la majorité ayant choisi de le porter à sept jours. Cette décision apparaît d'autant plus contestable que le Code général des collectivités territoriales n'impose aucun délai en la matière. Il appartient au Conseil municipal de fixer des règles adaptées aux réalités locales et à l'intérêt communal. En allongeant ce délai, la majorité réduit de fait la capacité de l'opposition à réagir à l'actualité locale et à porter des initiatives dans des délais raisonnables.
Enfin, cette séance s’est déroulée dans une ambiance parfois confuse. Plusieurs erreurs dans la présentation des dossiers et des difficultés dans la conduite des débats ont été relevées au cours de la soirée, compliquant le bon déroulement des échanges.
Cette première séance de fond du nouveau mandat aura également constitué un marqueur politique. La nouvelle majorité municipale, qui avait fait du dépassement des clivages droite-gauche l’un des fils conducteurs de sa campagne, a, à travers les positions défendues lors de ce conseil, dévoilé son ancrage clairement à droite.
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