
Le PSG a remporté sa deuxième Ligue des champions. Le sacre fut célébré par des milliers de supporters en liesse dans la capitale et bien au-delà. La victoire du PSG fut le prétexte à une fête populaire spontanée.
Dans cette ambiance euphorique, la joie collective dominait. Le plaisir d’être ensemble pour la même cause était visible, il y avait une sorte d’atmosphère d’événement exceptionnel comme il y en eut à la Libération. On peut se demander s’il n’y avait pas derrière cela, une espèce de relent, certes ‘instinctif’, de lutte des classes, la conscience de classe en moins.
Comme toujours, des scènes de vandalisme furent à déplorer, donnant l’occasion à l’extrême droite de jeter, sans preuve, son venin sur les jeunes de banlieue.
Mais le danger, ce n’est pas la fête, nécessaire à tous groupes humains, pas le sport non plus qui est un facteur d’insertion sociale, mais bien le sport spectacle qui rend passif, qui réduit l’espace mental disponible.
Véritable « opium sportif », plaisir corrupteur pour le peuple pour qui les préoccupations politiques restent pourtant préoccupantes, mais qui se contente de subir.
Le déclin de la participation électorale en est une preuve. Le foot comme le sport en général sont des puissants moyens de dépolitisation et d'aliénation des masses. Populaire en apparence, le sport est bien plus politique qu’il n’y paraît.
Le sport n’est-il pas le meilleur moyen pour détourner l’attention ? « Du pain et des jeux », adage utilisé par les empereurs romains pour garder le peuple sous contrôle, en est un témoignage.
Alors qu’il y a des enjeux vitaux qui sont menacés concernant le destin de la vie collective, de nos acquis sociaux, à l’inverse du sport, il est navrant de constater un relâchement significatif lorsqu’il s’agit de les défendre en descendant dans la rue. Nous sommes à la croisée des chemins, le réveil des consciences est urgent.
Louis Michel
© 2026 - La Dépêche de l’Aube
Création : Agence MNKY