
Trains supprimés, villages isolés :
Dans l’Aube, prendre les transports relève de plus en plus du parcours du combattant. Retards, suppressions de trains, dépendance à la voiture, isolement des territoires ruraux : derrière les discours sur la « transition écologique » et « l’aménagement du territoire », la réalité vécue par les habitants est celle d’un abandon progressif des mobilités du quotidien.
Train-train pas quotidien
L’exemple le plus frappant reste la ligne Paris–Troyes, axe vital pour des milliers de salariés, étudiants et habitants du département. Alors que l’électrification de la ligne est présentée depuis des années comme une avancée majeure, les travaux entraînent cependant des perturbations massives.
Du 29 juin au 30 août 2026, plus aucun train ne circulera entre Nogent-sur-Seine et Troyes. Plusieurs week-ends de coupure totale sont également prévus au printemps. Pour de nombreux usagers, cela signifie des trajets rallongés, des correspondances en car et parfois près d’une heure supplémentaire pour rejoindre Paris.
À cela s’ajoutent les conséquences locales des travaux : fermetures de ponts pendant plusieurs mois, circulation perturbée dans plusieurs communes comme Romilly-sur-Seine, Saint-Lyé ou Troyes, difficultés accrues pour les habitants déjà dépendant de leur véhicule.
Un département dépendant de la voiture
Car dans l’Aube, la voiture reste souvent la seule solution. En dehors de l’axe Troyes-Paris, les transports collectifs demeurent extrêmement faibles. Dans de nombreux villages ou petites villes, les dessertes ferroviaires ont disparu depuis longtemps et les lignes de bus restent insuffisantes. La question des transports publics a d’ailleurs été au coeur du programme de la liste de gauche unie menée par Charline Briot avec pour objectif de proposer une offre de transports de qualité pour les usagers.
Pour aller travailler, consulter un médecin, faire ses courses ou accompagner ses enfants à l’école, des milliers d’habitants n’ont d’autre choix que de prendre leur voiture chaque jour. Une situation devenue particulièrement difficile avec l’explosion des prix des carburants ces dernières années.
Quarante ans de politiques d’abandon
Cette situation n’est pas le fruit du hasard. Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont privilégié les grandes métropoles et les lignes à grande vitesse, au détriment des territoires ruraux et des trains du quotidien.
La ligne Paris–Troyes elle-même symbolise ce retard. Il aura fallu attendre les années 2020 pour engager sérieusement son électrification, alors que de nombreuses lignes comparables l’étaient depuis longtemps ailleurs en France. Pendant des années, les habitants de l’Aube ont subi des trains vieillissants, lents et régulièrement en panne. Les choses n’ont de cesse d’empirer depuis l’ouverture à la concurrence de la SNCF.
Dans le même temps, les services publics ont reculé : fermetures de gares, disparition de guichets, réduction des effectifs SNCF, baisse des dessertes locales. Résultat : les habitants sont toujours plus contraints d’utiliser leur voiture, pendant que l’on culpabilise les ménages sur les questions écologiques.
Le transport est un droit
La question des transports est une question sociale et d’égalité territoriale. Pouvoir se déplacer ne doit pas dépendre de ses revenus ou de son lieu d’habitation.
Il est urgent d’investir massivement dans les transports publics de proximité : rénovation des petites lignes ferroviaires, développement de réseaux de bus départementaux, maintien des gares et des services publics ferroviaires, tarification accessible pour tous.
L’Aube ne peut pas devenir un territoire où seuls ceux qui possèdent une voiture et les moyens de payer le carburant peuvent vivre normalement.
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