UN SYSTÈME À DEUX VITESSES QUI RENFORCE LES INÉGALITÉS

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13 mai 2026

Mutualisation à Troyes Champagne Métropole

Le constat dressé par la Chambre régionale des comptes est sans appel : au sein de Troyes Champagne Métropole (TCM), la mutualisation des services profite principalement à la ville-centre. Derrière les discours sur l’optimisation et les économies, la réalité est celle d’un fonctionnement déséquilibré, où les moyens humains et administratifs se concentrent autour de Troyes et de son centre communal d’action sociale.

Le choix politique de la centralisation

Présentée comme un outil de rationalisation et de modernisation, la mutualisation apparaît ici « à géométrie variable ». Les communes périphériques restent largement en dehors du dispositif ou n’en bénéficient que marginalement. Les coopérations existantes sont ponctuelles, limitées, et souvent hors du cadre structurant de l’intercommunalité. Ce déséquilibre n’est pas neutre. Il traduit un choix politique assumé depuis des années par la majorité de droite conduite par François Baroin : celui d’une intercommunalité centrée sur la ville principale, où le pouvoir de décision et les ressources restent concentrés.

La présence d’un « ordonnateur » unique, cumulant les fonctions de maire de Troyes et de président de l’agglomération, renforce cette logique. La mutualisation devient alors un outil de gestion au service d’un centre, et non un levier de coopération équilibrée entre les communes. Cette vision affaiblit le principe même de l’intercommunalité, qui devrait reposer sur la solidarité et l’égalité territoriale. Au lieu de construire des services publics partagés au bénéfice de tous, on organise une forme de hiérarchisation entre communes.

Les conséquences des politiques nationales

Mais cette situation locale s’inscrit aussi dans un contexte plus large. Depuis des années, les gouvernements de droite comme de centre-droit ont organisé le désengagement de l’État, affaiblissant les services publics et transférant toujours plus de responsabilités aux collectivités locales, sans leur donner les moyens correspondants.

François Baroin fait partie de ces responsables politiques qui ont contribué, au niveau national, à ces choix budgétaires. Réduction des dotations, logique d’austérité, mise en concurrence des territoires : autant de décisions qui pèsent aujourd’hui sur les capacités d’action des collectivités.

Dans ce cadre contraint, la mutualisation aurait pu être un outil de solidarité. Elle devient trop souvent un simple mécanisme d’adaptation à la pénurie, où chacun tente de préserver ses propres ressources, au détriment d’un projet collectif. La Chambre régionale des comptes met en évidence une forte hausse de la masse salariale dans l’agglomération troyenne.

Face à ce constat, François Baroin renvoie la responsabilité vers l’État et ses politiques nationales. Une posture pour le moins paradoxale : ces orientations, faites de désengagement de l’État et de transferts de charges, ont été soutenues — voire mises en oeuvre — par les gouvernements auxquels il a participé. La gauche a toujours, elle, assumé la nécessité de renforcer les services publics et donc l’emploi public. Mais voir la droite dénoncer aujourd’hui les conséquences de politiques qu’elle a elle-même défendues a quelque chose de pour le moins… cocasse.

Pour une autre ambition intercommunale

Face à ce constat, une autre voie est possible. Pour les communistes, l’intercommunalité doit être un espace de coopération réelle, au service de toutes les communes et de tous les habitants. Cela suppose de rompre avec la logique actuelle : développer de véritables services publics mutualisés à l’échelle de l’agglomération, garantir un accès équitable aux moyens, et associer pleinement les communes aux décisions. La mutualisation ne doit pas être un outil de concentration, mais un levier de justice territoriale.

Surtout, cela nécessite un changement de cap national. Sans réinvestissement massif de l’État dans les services publics et les collectivités, aucune politique locale ambitieuse ne pourra voir le jour. Car au fond, la question est simple : veut-on une agglomération organisée autour d’un centre dominant, ou un territoire solidaire où chaque commune compte réellement ?

 

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