
Troyes : sécurité et égalité
Au Conseil municipal de Troyes, les élus du groupe de gauche, issus de la liste d’union menée par Charline Briot, ont porté deux interventions offensives sur des sujets majeurs : la sécurité et l’égalité femmes-hommes. Deux prises de parole qui dessinent une ligne claire : remettre les politiques publiques au service des habitants plutôt que de la communication.
Sur la sécurité, Jérôme Thomas a vivement critiqué le choix de la majorité municipale de recruter 25 policiers municipaux supplémentaires. Une décision qu’il juge avant tout symbolique et coûteuse, davantage tournée vers l’affichage que vers l’efficacité réelle. « Le nombre de policiers ne fait pas une politique de sécurité », a-t-il martelé, pointant l’absence d’évaluation de l’impact concret de ces recrutements.
L’élu de gauche dénonce surtout un déséquilibre profond : alors que les effectifs de police augmentent, ceux dédiés à la médiation, à la prévention et au travail social stagnent. « La ville privilégie la surveillance et la répression au détriment du dialogue et de l’éducation », regrette-t-il. Pour lui, la sécurité ne peut être dissociée des réalités sociales : précarité, manque de structures d’accompagnement, fragilités psychologiques. Autant de facteurs ignorés par une politique qu’il juge « hors sol ». Il plaide au contraire pour une police de proximité, mieux formée, recentrée sur la prévention et le lien avec la population.
Sur un autre terrain, celui de l’égalité femmes-hommes, Caroline Autier s’est appuyée sur les données de la Chambre régionale des comptes pour dresser un constat sévère.
Malgré une majorité de femmes parmi les agents, celles-ci restent largement absentes des postes de direction. Pire, la situation se dégrade : la part des femmes dans les emplois de direction est passée de 40 % à 33 % en cinq ans.
Les inégalités salariales persistent également, y compris à responsabilités équivalentes. Dans les dix postes les mieux rémunérés de la collectivité, seules deux femmes sont présentes. À cela s’ajoute une dévalorisation persistante des métiers féminisés, notamment dans le secteur médico-social ou l’animation, moins bien rémunérés que les filières techniques ou la police municipale.
Face à ces constats, Caroline Autier appelle à des mesures immédiates : un plan de résorption des écarts de rémunération et une transparence totale sur les primes, souvent sources d’inégalités invisibles.
Deux interventions, deux sujets, mais une même logique : dénoncer des choix politiques qui privilégient l’affichage ou la gestion comptable, au détriment de politiques publiques ambitieuses, sociales et égalitaires. Pour les élus communistes et de gauche, il est temps de remettre la justice sociale au coeur de l’action municipale.
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