
À Troyes Champagne Métropole, l’élection sans suspens de François Baroin aura réservé un rebondissement inattendu : une passe d’armes entre élus de gauche. En osant porter une candidature symbolique, Charline Briot a rappelé qu’en démocratie, les convictions ne se déposent pas au vestiaire. Un geste simple, presque banal… mais manifestement trop audacieux pour certains.
Visiblement pris de court, alors que pourtant cette démarche était soutenue par l’ensemble des élus de gauche troyens, Olivier Girardin s’est ému de cette initiative solitaire, préférant visiblement la discrétion feutrée des consensus confortables aux élans d’indépendance. À TCM, il est vrai que contester relève parfois de l’impolitesse, surtout lorsqu’elle risque de troubler la quiétude du pouvoir en place.
Pendant que certains défendent leurs idées, d’autres semblent surtout veiller à ne pas froisser la droite. Une stratégie d’apaisement, sans doute. Ou l’art subtil d’applaudir sans bruit.
JEAN PEUPLU
Jeudi 3 avril a eu lieu le premier Conseil communautaire et c’est le doyen de l’Assemblée, Marcel Gatouillat, qui est désigné pour animer le scrutin. Lorsqu’il annonce les résultats, il m’appelle « Monsieur Briot », peu habitué sans doute à voir des femmes candidates, puis m’appelle ensuite tout simplement « Charline ».
J’ai d’abord cru à une hallucination auditive, mais lors de la pause, on me confirme qu’il m’a bien appelée par mon prénom. Agacée, et remise à ma place dès le début par ces Messieurs Baroin et Girardin : « laissez votre identité politique au vestiaire », « pas de politique ici », je décide de prendre la parole pour exprimer mon désarroi, et j’en profite pour souligner un constat alarmant : il y a seulement 3 femmes sur les 15 vice-présidents (dont Madame Baroin), et 2 femmes parmi les 12 Conseillers délégués (dont une déléguée à la Petite Enfance, tiens donc). Une première soirée qui annonce la couleur dans une Assemblée composée à près de 80% d’hommes !
CHARLINE BRIOT
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