
On nous rabâche sur tous les tons qu’avec le blocage du détroit d’Ormuz, une hausse des carburants est à craindre, qui pourrait avoir des incidences bien au-delà du plein des Français. Notre Premier ministre, a convoqué à Bercy les distributeurs de carburants, voulant garder une certaine équité entre les Français, par une charité bienveillante pour la majorité d’entre eux qui tirent sur les cordons de la bourse les fins de mois, en faisant les gros yeux aux autres pour qu’ils ne se goinfrent pas trop.
Tandis que chez les consommateurs la colère domine avec la peur d’une pénurie de carburant et des prix qui grimpent, le gouvernement pour faire écran de fumée, il a mis en place « 500 contrôles » dans les stations-services contre les hausses abusives des prix à la pompe. Par le détroit d’Ormuz, transitent 20% du pétrole mondial, dont plus de 85% des exportations de pétrole brut sont quotidiennement destinées aux marchés asiatiques, le Japon, l'Inde, la Corée du Sud et la Chine étant les principales destinations.
Roland Lescure, le ministre de l’Économie affirme que la France importe seulement 10% de son pétrole brut du Moyen-Orient. On pourrait donc s’imaginer que 90% de notre approvisionnement venant pour la plus grande part des États Unis, d’Afrique et du Nord de l’Europe, donc hors du golfe, passerait à travers les gouttes ! Les effets secondaires de la guerre de Trump à l’Iran ont orchestré un dérèglement dans l’approvisionnement du pétrole par la fermeture du détroit d’Ormuz. Les cours mondiaux du pétrole, emberlificotés dans un tas de manoeuvres sont une aubaine pour les profiteurs de guerre qui sont là à l’affut. Trump a joué sur les deux tableaux, du même coup, le pétrole américain augmente. Pas mal l’astuce ! Élémentaire mon cher Watson. Face à l’impérialisme américain sur le pétrole, les contrôles aux pompes, même utiles, de nos petits fonctionnaires paraissent être une illusion dérisoire.
Michel Grossmann
© 2026 - La Dépêche de l’Aube
Création : Agence MNKY