LES JEUNES NE VEULENT PLUS ÊTRE SACRIFIÉS

LES JEUNES NE VEULENT PLUS ÊTRE SACRIFIÉS

12 mars 2026

Précarité

Dans l’Aube, les 15-29 ans représentent environ 17 % de la population départementale. Derrière cette moyenne se cachent des situations contrastées entre ville et ruralité, mais un point commun demeure : la précarité progresse.

Troyes, plusieurs milliers d’étudiants font leur entrée chaque année dans l’enseignement supérieur. Pourtant, l’attractivité ne garantit pas l’installation durable. Beaucoup repartent faute d’emplois qualifiés ou de perspectives. Le taux de chômage des moins de 25 ans oscille au niveau national entre 17 et 18 %, soit près du double du taux global.

Emploi : précarité et bas salaires

Les jeunes sont surreprésentés parmi les salariés rémunérés au SMIC et dans les contrats courts. Intérim, temps partiel subi, CDD successifs : les missions locales constatent une instabilité persistante. Pour les apprentis, la rémunération varie entre 27 % et 100 % du SMIC selon l’âge et l’année de formation. Concrètement, cela représente entre 500 et 1 300 euros mensuels, rendant difficile toute autonomie réelle.

À Troyes, un studio se loue fréquemment entre 350 et 450 euros hors charges. Rapporté à un salaire d’apprenti ou à un temps partiel, cela devient compliqué de s’en sortir. À Romilly-sur-Seine, les loyers peuvent être légèrement inférieurs, mais l’offre est plus limitée et la mobilité devient déterminante. Dans un département rural comme l’Aube, le coût moyen du permis de conduire dépasse 1 500 euros. Sans véhicule, accéder à l’emploi ou à la formation reste compliqué étant donné le manque de transports publics sur le département !

Pauvreté des jeunes : une réalité préoccupante

Près d’un jeune sur cinq vit sous le seuil de pauvreté au niveau national. Les jeunes sans diplôme sont particulièrement exposés, avec un risque de chômage multiplié par deux par rapport aux diplômés du supérieur. Dans certains quartiers populaires de Troyes comme dans des communes rurales fragilisées, cette réalité sociale est bien visible.

Les collectivités locales disposent pourtant de leviers concrets : aides au permis de conduire, soutien au logement étudiant, développement de transports accessibles, appui renforcé aux missions locales, soutien à la vie associative et culturelle.

Investir dans la rénovation énergétique, les mobilités douces et les services publics locaux, c’est aussi créer des emplois non délocalisables et offrir des perspectives durables.

La jeunesse n’est pas un problème à gérer mais une richesse à accompagner. Le choix est politique : laisser s’installer la précarité ou investir pour offrir stabilité, emploi et avenir !

Les jeunes ne sont pas des sous-travailleurs ! L’âge d’un salarié, peu importe son secteur d’activité, ne doit pas être un facteur régressif sur ces droits et son niveau de rémunération.

Nous ne pourrons pas sortir les jeunes de la précarité au prisme de basses mesures qui, en réalité, ne servent que les intérêts du patronat. Il est nécessaire de proposer un modèle ambitieux, qui doit permettre à chaque jeune de s’émanciper à travers un travail utile, répondant à ses aspirations et aux besoins de la société.


QUELQUES PROPOSITIONS DU MJCF SUR L’EMPLOI DES JEUNES :

 La suppression de Parcoursup et la mise en place d’un grand service public de l’orientation, qui doit permettre à chaque jeune d’être accompagné dans son parcours de formation, du collège jusqu’à l’insertion professionnelle !

 La mise en place de statut protecteur pour les stagiaires et les apprentis. Le dispositif de formation ne doit plus être synonyme de travail déguisé, faisons des jeunes en lycées pro et en CFA, un atout essentiel du redressement de notre économie !

 La création d’un million d’emplois pour révolutionner la France, dans les services publics et le secteur industriel. Nous ne répondrons pas aux défis auxquels nous faisons face sans planifier de façon ambitieuse les besoins auxquels nous devons répondre.

 

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