
Comme chacun sait, l’École est un lieu d’apprentissage des connaissances, et d’intégration sociale pour les élèves. L’École est aussi là, pour armer ces futurs adultes à être confrontés à toutes sortes de défis majeurs sociétaux pour qu’ils puissent évaluer avec pertinence la qualité des informations pour leur forger un esprit critique. Évidemment, il ne s'agit pas pour l’enseignant de transformer la manière de penser et de raisonner à la place de l’élève, mais bien de fournir des outils pratiques pour qu’il devienne un citoyen responsable. Celui-ci, pour mieux construire ses cours, a recours à des ressources éducatives supplémentaires, qu’il choisira avec son expérience et son professionnalisme dans des sujets de la vie de tous les jours.
À Commentry (03) touché par la fermeture de son aciérie, l’harmonie municipale lors d’un concert en soutien aux salariés, avait prévu de faire chanter Les Mains d’or de Bernard Lavilliers, par les élèves du village. Cette chanson faisant parfaitement écho à la situation des salariés, et offrait un cadre pédagogique, une bonne occasion pour les élèves d’être mis en présence d’une situation comme une expérience qui contribuerait sans doute à leur forger une émancipation sociale et citoyenne. C’était sans compter avec l’inspectrice de l’Éducation nationale qui mit son véto à la participation des élèves en invoquant que ce projet avait un caractère prosélytique. Pourtant cette chanson est validée par l’Éducation nationale, susceptible d’être étudiée et apprise en classe par tous les élèves de France.
Interdire de s’appuyer sur des oeuvres culturelles et artistiques pour interroger l’histoire sociale est bien une tentative de censure pédagogique. Tendance dans l’air du temps ou un zèle carriériste de l’inspectrice ? les deux mon neveu.
Michel Grossmann
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