

Le Coq Sportif
Cette société a été reprise il y a sept mois par le franco-suisse DAN MAMANE suite au naufrage financier du groupe AIRESIS fonds de pensions helvétique qui pourtant n’avait pas été avare de promesses au moment de la réouverture d’une usine à Romilly avenue de la Liberté. On allait voir ce qu’on allait voir...
Le retour du Coq Sportif, marque emblématique créée dans la 2eme ville du département par Émile Camuset, était vécu avec un certain enthousiasme et une certaine fierté surtout qu’on promettait la création d’au moins 200 emplois.
Catastrophe financière et gouffre pour fonds publics
Un retour aux sources qui a coûté cher, extrêmement cher. Une soixantaine de millions d’euros de fonds publics ont été injectés, auxquels il faut ajouter 10,5 millions d’euros dans le cadre de la reprise avec le groupe DAN MAMANE. De son côté la ville, après avoir payé les loyers pendant la crise COVID, a garanti deux millions d’euros d’emprunts. Tout ceci sans contrôle de l’utilisation de l’argent public, ni conditions en matière d’emploi pour l’obtenir. Ces 60 millions d’euros accordés au fonds de pensions suisse font partie des 211 milliards d’euros accordés aux grandes entreprises révélés par le sénateur communiste Fabien Gay dans le cadre de la commission d’enquête sénatoriale dont il était le rapporteur. 211 milliards d’euros, cela représente 428 euros par mois payés par chaque foyer fiscal.
Concernant le Coq Sportif, même la presse auboise a fait part de son étonnement sur le niveau des aides attribuées en écrivant le 21 octobre 2025 : « le Coq Sportif a été soutenu au-delà du raisonnable ». Surtout que les 200 emplois promis n’ont jamais été créés. Au niveau financier ça a été une véritable catastrophe malgré tous ces fonds versés par l’État et les collectivités territoriales.
Le repreneur DAN MAMANE avait avancé le chiffre de 258 millions d’euros de dettes, aujourd’hui Alexandre Fauvet, le Directeur général, parle encore d’un « montant astronomique des pertes enregistrées par la société ».
Mais alors qu’a fait l’État ? Qu’a fait le maire de Romilly pour s’inquiéter de cette situation alors qu’il accordait des aides financières de la ville ? Rien ! en dehors de s’afficher à tout moment avec les dirigeants du groupe AIRESIS.
Des alertes qui n’ont pas été prises en compte
Pourtant elles n’ont pas manqué soit de Fethi Cheikh au Conseil municipal et au préfet par Christophe Latrasse au nom de la CGT. Les différents gouvernements ont fermé les yeux alors qu’il y a six mois pas moins de trois ministres se sont déplacés sur le site de Romilly dont le ministre de l’Économie et des Finances.
Et l’emploi dans tout cela ?
Les promesses n’ont pas manqué pour toucher les fonds publics. 200 avaient été annoncés, 130 étaient effectifs au moment de la reprise. Et aujourd’hui, on ne sait pas, silence radio…
Le Directeur général admet volontiers que des salariés ont quitté l’entreprise dans le cadre de départs volontaires - Une bonne aubaine pour réduire l’effectif -. Pourtant là encore des fonds publics ont été versés dans le cadre de la reprise ; 10.5 millions d’euros. Il est temps que cesse le scandale des fonds publics versés au patronat sans contrôle, ni condition. Reprendre la main sur l’argent et donner de nouveaux droits et pouvoirs au monde du travail sont dans ces conditions des combats d’avenir !
© 2026 - La Dépêche de l’Aube
Création : Agence MNKY