DE LA POUDRE AUX YEUX

DE LA POUDRE AUX YEUX

26 février 2026

Le désengagement de l’État du co-financement de l’uniforme à l’école, a sonné le glas d’une expérimentation qui prendra fin au mois de juin 2026. À Troyes on persistera dans l’erreur jusqu‘en 2027 ! Qu’en était-il de l’objectif ? Celui annoncé était de dissiper les différences sociales afin de réduire les inégalités scolaires. Il est évident que les vêtements sont des marqueurs sociaux, mais pour certains spécialistes en sociologie de l’enfance, le port de l’uniforme ne permettra pas de gommer toutes ces différences, qui sont le produit d’inégalités au sein de la société.

L’habit est loin d’être le seul marqueur de la position sociale. Bien des détails extérieurs renseignent les enfants sur l’origine sociale de chacun comme les échanges verbaux, le lieu d’habitation, la voiture des parents, le lieu des vacances pour ceux qui y vont et toutes sortes d’éléments matériels et culturels qui les différencient de leurs camarades.

La dernière étude en date, concluait globalement dans un établissement avec ou sans uniforme, à l’absence d’effet sur la réussite et le climat scolaire. Le Premier ministre de l’époque, monsieur Attal, qui en avait eu l’idée, se trouvait confronté au marasme de l’école dans tous les domaines.

Plutôt que de résoudre les problèmes, l’uniforme visait à les masquer en atténuant l’aspect, une espèce de cache-misère. Une astuce pour donner l’illusion du prestige. Sans compter que l’uniformisation des élèves a un certain côté autoritaire qui n’était pas pour déplaire aux penchants réactionnaires de la droite.

S’il n’avait suffi que de quelques rouleaux de tissus pour résoudre le problème des inégalités scolaires, il aurait suffi de faire le marché Saint Pierre à Paris et le débat aurait été vite clos. Mais cela implique des réformes structurelles plus profondes que le port de l’uniforme. Il faudrait, entre autres, allonger la formation des enseignants, réduire la taille des classes, financer des projets pédagogiques et des travaux de rénovation des écoles.

Gommer les inégalités et améliorer le climat scolaire par le seul port de l’uniforme semble déconnecté de la réalité caractérisée par le manque de moyens financiers et humains dans toutes les écoles. La vraie discrimination sociale c’est l’écart de niveau scolaire entre les élèves issu·es de milieux défavorisés et les élèves issu·es de milieux favorisés.

Uniformiser les élèves ne permet en rien d’accomplir les missions qui incombent à l’école comme éduquer, transmettre les savoirs, rendre autonome et apprendre à vivre ensemble. L’habit ne fait pas le moine, l’urgence est bien de donner les moyens pour reconstruire une école publique émancipatrice.

Louis Michel

 

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