
Sur la chaîne de Vincent Bolloré aux orientations marquées à l’extrême droite et identitaire, Arno Klarsfeld, l’ancien avocat et conseiller a appelé à organiser des « rafles » contre les personnes en situation irrégulière (OQTF) sur le territoire français. Il est allé jusqu’à dire « Si on veut se séparer des OQTF, il faut organiser comme fait Trump avec ICE des sortes de grandes rafles, c’est-à-dire en essayant d’attraper le plus possible d’étrangers en situation irrégulière ».
En soutenant l’ICE, cette police des frontières, bras armé de Trump, aux agissements inhumains, violents et meurtriers, il est déjà inexcusable, mais il est d’autant plus impardonnable d’avoir utilisé le mot « rafle » qui reste lié avec celle si tristement célèbre du « Vel’d’Hiv », lorsque la police française sous les ordres de Vichy, arrêta les juifs Français, pour répondre aux exigences allemandes qui décidèrent d’étendre la « solution finale ». Le comble, c’est que certains membres de sa famille en furent victimes. Erreur de langage ? pas si certain que cela. Il n’en est pas à sa première frasque langagière, lui qui justifiait les tirs à balle réelle contre les manifestants lors du transfert de l’ambassade américaine (qui firent 59 morts).
Être le fils de Serge et de Beate Klarsfeld, les célèbres chasseurs de nazis, ne le dédouane pas pour autant de tous les propos indignes qu’il profère, suscitant l’indignation.
Il est loin le temps lorsqu’il était le représentant des « fils et filles de déportés juifs » au procès de Maurice Papon ou de celui qui provoquait Jean-Marie le Pen, quand celui-ci déclarait que les fours crématoires n’étaient qu’un détail de l’histoire.
Depuis il a viré sa cuti, d’ailleurs ce doit être un penchant dans la famille, puisque son père Serge Klarsfeld, après avoir consacré sa vie à poursuivre avec acharnement les nazis, avait créé la surprise en opérant un revirement sans précédent, en apportant son soutien à Marine Le Pen dans son choix de voter pour le Rassemblement national plutôt qu’à gauche.
En se référant à ses extravagances politiques passées, rien ne peut nous étonner. Il fut à bonne école quand on sait que son mentor fut Nicolas Sarkozy et qu’il fut conseiller au sein du cabinet de son Premier ministre François Fillon, c’est tout dire…
Dans son rôle de conseiller d’État, il est soumis à des obligations déontologiques. Ce non-respect du droit de réserve peut justifier qu’une procédure disciplinaire soit engagée. Un collectif d’avocats, dans un courrier adressé au vice-président du Conseil d’État, a demandé une réaction forte.
Il encourt des sanctions, allant de l’avertissement à la radiation. C’est le moins que l’on puisse faire.
Louis Michel
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