
Brigitte Macron, la première dame de France, a défrayé la chronique en qualifiant de « sales connes » des militantes appartenant à un mouvement féministe qui avaient interrompu, le spectacle d’un humoriste. Celui-ci avait été accusé de viol mais avait bénéficié d’un non-lieu.
C’était une erreur de leur part d’aller à l’encontre d’une décision de justice. Leur action ressemblait plus à un acharnement qu’à un acte de justice et on ne peut donc que condamner ces excès aux relents tyranniques. Toutefois, pour faire bonne mesure, il est aussi bon de rappeler que sans la prise de conscience des mouvements féministes et de leurs luttes, le droit des femmes en serait sans doute encore au temps du Moyen Âge.
Elles auraient attendu longtemps de voir le droit d’avoir son propre compte en banque, le droit à la contraception, le droit d’avorter obtenu avec la loi Veil, l’existence du mouvement #MeToo et la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, etc. Seul le droit de vote pour les femmes et de leur éligibilité fut acquis à la suite de l’amendement d’un homme, le député communiste Fernand Grenier en 1944.
On n’aurait pas pu faire de reproche à madame Macron, et en rester là, si ces paroles avaient été dites dans un cadre privé et si le journaliste présent, travaillant pour une agence spécialisée dans l’actu people, n’avait pas été habilité à suivre madame Macron.
Par ailleurs, ce qui en rajoute au côté méprisant, ce sont ces paroles injurieuses et déplacées qui ont suivi les injures par « on va les foutre dehors ». Ses paroles ont fait tache et contrastent avec son allure toujours chic. Elle qui soigne toujours son apparence, elle a moins d’élégance dans ses propos. À l’entendre on pourrait croire que la femme du président a je ne sais quel pouvoir de « mettre dehors » ou de faire mettre dehors manu militari des citoyens-es.
Le titre pompeux de première dame de France, attribué à la conjointe du chef de l’État n’a aucune fonction officielle. Depuis 2017, un cadre fixe son rôle dans des fonctions culturelles, humanitaires ou caritatives, et une somme lui est allouée de 440 000 euros par an qui est prélevée sur le budget total de la présidence, pour frais liés à ses actions. Pour ce prix-là, elle aurait pu au moins, tourner sept fois sa langue dans sa bouche.
Les propos de Brigitte Macron ne sont pas anodins. Ils révèlent le mépris profond des élites pour celles qui osent briser l’omerta sur le combat des femmes.
LOUIS MICHEL
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