
La police est un service public qui doit être au service de la garantie des libertés et des droits fondamentaux des citoyens. La sûreté fait partie des droits naturels et imprescriptibles de l’être humain, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 d’ailleurs le confirme. Cela nécessite donc une force publique instituée pour « l’avantage de tous et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée ». Mais c’est là que le bât blesse !
Dans un pays comme le France, les mobilisations collectives, les manifestations de rue s’inscrivent dans l’histoire des luttes ouvrières et citoyennes. Conditionnées par un caractère pacifiste, elles sont des formes d’oppositions et de revendications participant normalement à la bonne marche de l’expression démocratique d’un pays.
Dernièrement, les révélations de Médiapart et de Libération, 84 heures d’images inédites, filmées par les caméras-piétons des gendarmes montrent des appels à la violence de la part des supérieurs hiérarchiques — « Faut qu’on les tue », « Tirez-leur dans la gueule » — et des gendarmes se vantant d’avoir blessé des manifestants — « Je ne compte plus les mecs qu’on a éborgnés », « J’ai tiré 7 LBD, j’en ai couché au moins 4 ».
Elles attestent les consignes prohibées et dangereuses données par la hiérarchie et confirment que les forces de l’État étaient équipées d’armes classées comme matériel de guerre. Des armes déjà maintes fois mises en cause pour leur dangerosité. Le plus choquant dans cette histoire c’est que l’inspection générale qui a visionné ce document n’a pas jugé bon de prévenir le procureur de la République.
Quand un pouvoir ne tolère plus de contradiction à sa politique, que la présence de manifestants dans la rue et les mots d’ordres leur deviennent insupportables, ce ne sont plus le fait de manifester qui est jugé par le pouvoir, mais les idées, nous sommes alors très près d’une dérive autoritaire.
Que ce soit lors des manifestations, le mouvement des gilets jaunes, contre les méga bassines à Sainte-Soline, c’est sans compter avec les milliers d’arrestations et des poursuites arbitraires, ces violences policières se sont multipliées ces dix dernières années. La montée des tensions lors des manifestations décourage et démobilise de nombreux Français, une stratégie qui vise à délégitimer la manifestation de rue.
Le constat est alarmant. L’usage excessif de la force en France est récurrent. Mauvais traitements, décès, violation des droits, insultes. Ces pratiques entravent le fonctionnement d’un État de droit.
On peut constater que la politique du maintien de l’ordre est devenue de plus en plus répressive, brutale et traduit une volonté de dissuader les citoyens d'exercer leur droit fondamental de manifester. La police n'est plus là pour maintenir l’ordre et protéger, mais bien pour défendre une classe au pouvoir.
Louis Michel
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