

L'impôt sur la fortune improductive, introduite dans le budget 2026, est une merveille qui permet de faire baisser l'impôt des plus fortunés, puisque la taxe ne va plus de 0,5 à 1,5% mais est fixée à 1%. L'arrêt de la progressivité favorise toujours les plus riches, voilà pourquoi M. Le Pen a parlé de « grande victoire » qui s'inspirait de son programme économique. Le résultat était donné de toute façon comme inférieur à ce que rapportait l'ISF en 2017, et c'était bien le but du jeu. Le jeu, c'est d'arriver à faire croire avec une Constitution qui dans son préambule définit la République française comme indivisible, laïque, démocratique et sociale (on remarque quand même la dernière place pour le terme qui concerne l'égalité des droits et la réduction des inégalités) que les citoyens seraient tous logés à la même enseigne, et que les lois seraient faites pour leur assurer la meilleure redistribution possible. Les conditions d'incarcération de N. Sarkozy et les motivations du rejet de la taxe Zucman montrent évidemment le contraire.
L'enjeu de classe est partout : dans la réforme des retraites de 2023, provisoirement décalée, le président du MEDEF ne voit que ses intérêts et insiste pour ajouter une retraite par capitalisation ; dans le budget de l'armée, qui devient de loin le premier poste budgétaire imposé par l’UE pour complaire à l'industrie US de l'armement, on sait d'avance à quelle classe appartiendront en très grande majorité les soldats : les commémorations de la boucherie de 14-18 nous le rappellent. Et que dire des mesures prévues pour réduire le déficit de la Sécurité sociale et qui pénalisent les assurés sociaux les moins favorisés, qui, eux, doivent payer pour les juteux avantages accordés au patronat. Les municipales peuvent donc être, à partir de propositions concrètes, comme l’a fait Z. Mamdani, l'occasion de mettre en lumière les intérêts de classe et l’intérêt général.
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