

Il y a un mécanisme simple pour se faire élire à l'extrême droite : on dit que l'on comprend les souffrances des classes populaires, qu'on est contre l'allongement de l'âge de la retraite, contre les coupes dans les services publics, pour l'augmentation des salaires et des pensions ; on se fait élire et le lendemain on sert le capital en prétextant qu'on ne peut pas faire autrement pour sauver ce qu'il y a encore à sauver. Des héros, en quelque sorte. En Italie Salvini était vent debout contre la loi Fornero qui faisait passer l'âge de la retraite à 66 ans, il participe aujourd'hui à un gouvernement qui vient de le passer à 67 ans et un mois, et a augmenté, dans un sublime effort, les retraites de 40€ par an. En 2023 il met au point la loi Robin des Bois, « qui a plus doit payer plus », qui taxe à 40% les superprofits des banques. En 2025 cette taxe est passée à 27,5% et est fondée... sur le volontariat et le patriotisme des capitalistes...
Les Italiens ont Salvini, nous avons Bardella. Il est pour la suspension de la réforme des retraites mais a déjà précisé en avril 24 qu'un jeune qui entre sur le marché du travail à 25 ans partira naturellement (sic) à la retraite à 67 ans. Le RN n'augmenterait les salaires qu'en diminuant les cotisations patronales, c'est-à-dire en diminuant les ressources et donc les prestations de la Sécurité sociale. Pas touche au capital ! Dans son contre-budget, tout est fait pour accroître les profits : supprimer les normes sociales et environnementales, faciliter la création de « syndicats maison » libérés des centrales trop politisées, baisser la fiscalité sur les gros héritages... En fait rien pour les classes populaires, au contraire, mais les extrêmes droites se font élire, ici comme ailleurs, grâce à la peur, peur de la guerre, du chômage, de l'immigré. Une peur qu'elles attisent avec l'aide des capitalistes et à leur plus grand profit.
© 2025 - La Dépêche de l’Aube
Création : Agence MNKY