
Les vieux briscards de la politique savent bien que le populisme est une technique de conquête du pouvoir. En exploitant les émotions du peuple, ils s’érigent en défenseur de celui-ci, en cherchant à le flatter par des paroles pleines de promesses. Le but premier c’est avant tout d’engranger des suffrages, quant à ces promesses en carton-pâte, elles n’auront été que l’espoir d’un instant, un simple effet d’annonce ! Après tout, les promesses, encore plus en politique, n’engagent que ceux qui les écoutent. Les discours populistes ont toujours eu besoin de boucs-émissaires ; pour certains sur un ton dégagiste, c’est le système en place, ses représentants et les partis, les élites, pour d’autres les thèmes du nationalisme, de la xénophobie, de l’émigration, la violence l’insécurité font recette. L’important c’est de provoquer chez ceux qui les écoutent, un trouble émotionnel qui leur feront accepter l’argumentaire.
La force du discours populiste, c’est d’anesthésier les esprits, c’est de caresser l’auditoire dans le sens du poil. Ainsi, polarisé par des propos qu’il souhaite entendre, censés représenter la « vérité vraie », le public est conquis. La poussée populiste est souvent associée au déclassement économique, en Europe le terreau y est favorable. Envahi par la démagogie de l’extrême droite, le populisme gagne du terrain dans les pays comme la Hongrie, l’Italie, la Pologne, l’Autriche, la Slovaquie et la Bulgarie en sont des exemples. La France n’est pas de reste. Le populisme cocardier le RN de Marine Le Pen qui dans ses discours en couteau suisse, ment comme elle respire, en opposant le peuple contre l’oligarchie ! Ça marche à tel point que ses partisans se forgent une identité autour de ses contrevérités. Pour la présidence LR, Laurent Wauquiez affichait des mesures clientélistes mais vide de projets. Le bobopulisme de Macron, pour sa première présidentielle, plus opportuniste tu meurs, ne se disait ni de droite ni de gauche. Il n’empêche, que la vision autoritaire du pouvoir de notre Jupiter d’opérette en dit long sur sa posture droitière et néolibérale. Tous ces sauveurs providentiels ont des arguments différents avec soi-disant la rupture avec ce qui se faisait avant. Sarkozy après avoir promis la « rupture » avec le passé au cours de sa campagne, confirmait, certes comme bien des candidats avant lui, son ambition de mettre en oeuvre toutes les promesses faites aux électeurs.
La Ve République fut jalonnée de promesses présidentielles non tenues, la gauche libérale n’en fut pas exempte. L’amnésie est une maladie contaminante chez les politicards.
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