POUR EN FINIR AVEC LA CASSE DE L’ÉDUCATION NATIONALE !
Charline Briot

POUR EN FINIR AVEC LA CASSE DE L’ÉDUCATION NATIONALE !

27 août 2025

Enseignement

Entretien réalisé par Camille Lainé

Les annonces d’orientations budgétaires du Premier ministre de début juillet n’auguraient rien de bon pour l’avenir de nos services publics. En effet, les moyens sont davantage tournés vers la guerre et les plus riches que vers la population. L’Éducation fera évidemment partie des premiers dommages collatéraux de l’austérité à la sauce Macron/Bayrou alors que pourtant elle est essentielle.
À quelques jours de la rentrée, La Dépêche de l’Aube a rencontré Charline Briot, secrétaire départementale de la CGT Éduc’ation de l’Aube, afin d’échanger autour de ces nombreux enjeux.

LDA : Les orientations budgétaires présentées par le Premier ministre en juillet n’augurent rien de bon concernant les services publics y compris l’Éducation. Comment réagissez-vous à ces annonces et quelles sont leurs conséquences ?

Charline Briot : Ces mesures annoncées par le 1er ministre sont brutales et inacceptables. Il s’agit d’une casse sociale sans précédent qui vise une fois de plus les travailleurs, les précaires et les retraités, et stigmatise les agents du service public.

Alors que l’Éducation manque déjà de tout, la situation ne va pas s’améliorer. En effet, François Bayrou s’est voulu rassurant, avec notamment une augmentation du budget pour financer la réforme de la formation initiale. Pourtant avec la suppression de 3000 postes puis le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois à partir de 2027, le nombre de personnels va décroître inévitablement. En effet, les conditions de travail n’ont cessé de se dégrader pour l’ensemble du secteur de l’Éducation, le manque d’attractivité pour tous les métiers et en particulier pour les enseignants devient de plus en plus prégnant. D’autre part, le premier degré va subir des suppressions de postes afin de nourrir les besoins pour les groupes de niveau au collège.

Les fermetures de classes vont donc être nombreuses, c’est le cas dans notre département ou plus d’une vingtaine de communes sont concernées, ce qui a déjà déclenché des mobilisations locales dans les villes et villages parce que l’on sait combien les écoles jouent un grand rôle dans le dynamisme des communes. À Troyes plusieurs écoles sont aussi concernées par des fermetures de classes et l’école internationale, grande fierté de Monsieur Baroin, ne pourra pas tout compenser.

La CGT Éduc’action ne peut accepter une telle décision alors que les personnels manquent déjà cruellement dans les classes. Ainsi, si on peut se « réjouir » que la saignée annoncée sous le mandat Barnier n’intervienne pas, nous rappelons que nous continuons d’exiger des créations massives de postes dans tous les métiers de ce ministère.

Au-delà de ces questions de postes, les dernières annonces indiquent clairement la poursuite d’une politique menée depuis 7 ans et le maintien de quasi toutes les mesures du « Choc des savoirs » alors qu’elles sont rejetées par les personnels qui refusent le tri social qu’elles induisent.
Nous continuerons donc d’exiger l’abandon du « Choc des savoirs », mais également du Pacte et de toutes les contre-réformes imposées depuis 7 ans.

Pour la CGT Éduc’action, l’Éducation nationale et l’ensemble des services publics, ne peuvent être sacrifiés sur l’autel de l’austérité à l’heure où tant de chantiers seraient à finaliser et à financer comme la réduction des effectifs par classe en créant massivement des postes, la titularisation des AESH, la rénovation du bâti…

Au regard de ces annonces, la CGT Éduc’action continue d’exiger un changement radical d’orientation budgétaire et politique pour les Services publics et notamment celui de l’Éducation. Nous continuerons à porter la contestation et travaillerons à la construction du rapport de force indispensable pour que les revendications des personnels aboutissent rapidement.

LDA : une mobilisation à la rentrée est-elle prévue ?

C.B : Ce qui est certain, c’est que la rentrée s’annonce sociale et explosive face à ces mesures injustes. En effet, le projet de budget a provoqué une vive opposition syndicale. Plusieurs organisations envisagent déjà une mobilisation nationale à la rentrée, à l’occasion de la reprise des débats au Parlement. Une réunion intersyndicale aura donc lieu le 1er septembre prochain, et permettra d’annoncer (on l’espère) un calendrier de mobilisations. C’est la première fois que les organisations syndicales se réunissent si tôt pour une rentrée.

Face aux annonces de Bayrou, un appel apolitique à bloquer le pays le 10 septembre prochain circule sur les réseaux sociaux. Cet événement, à quelques jours de la Fête de L’Humanité, pourrait être une occasion supplémentaire d’affaiblir le gouvernement. Cependant, si ce mouvement spontané et massif exprime une certaine colère de la population, son caractère désorganisé pourrait l’empêcher de mener des revendications. Il s’agit du rôle des syndicats, sans être donneurs de leçons, d’être au contact de ce mouvement pour, comme le précise Laurent Brun administrateur CGT, « discuter de l’expérience des luttes, des pratiques d’orga, du contenu des revendications ». Le blocage du pays ne doit se faire que par la grève, par les travailleurs.

D’autre part, l’un des enjeux de la CGT Educ’action pour cette rentrée sera de préparer les élections professionnelles de la fonction publique qui auront lieu en décembre 2026.

 

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