
La guerre suscite la peur et l’angoisse parmi la population. Rien de mieux pour manipuler les esprits que le bruit des bottes. Les tenants du pouvoir le savent bien, ils en jouent pour influencer et mobiliser l’opinion publique. Pour mettre en oeuvre une logique de guerre et pour déstabiliser le petit peuple il faut bien évidemment le relai indispensable que sont les médias, principalement télévisuels, ce repaire chloroformé de la conscience politique. Alors que les médias sont supposés être un moyen d’information, faisant une description objective de la réalité dans un esprit d’indépendance, voire jouer un rôle de contre-pouvoir, s’ils ne sont pas sous influence gouvernementale il y a comme un copinage sous-jacent systématisé dans le but d’influencer l’opinion publique. L'exemple frappant fut le discours de Macron aux armées, claironnant à l’envi des paroles alarmistes, dans le but de nous faire avaler la pilule amère d’une augmentation des dépenses militaires. D’après lui, la Grande Muette serait mal équipée, la guerre éminente, diable !
Surprenant autant qu’étrange, sitôt la fin du discours blablateux de Macron, les infos du 20 heures renchérissaient sur son discours en invoquant les besoins d’armements à qui mieux mieux. La sélection des sujets, les interviews, les experts invités abondaient dans le sens du discours de Macron. Le chef des armées en personne en remettait une couche en affirmant que la Russie identifiait la France comme son principal adversaire en Europe, propos nuancés par la suite, mais le but était atteint, le frisson était passé sur l’échine du téléspectateur. Pour les crédules, il fallait donc bien passer à la caisse. Une question se pose : comment en si peu de temps, aussi bons que peuvent être les journalistes, comment avaient-ils réussi à mettre en place un journal aussi bien documenté. Le hasard ? L’entente secrète ? La connivence ? Allez savoir…
Michel Grossmann
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