TROP D’ARGENT PUBLIC POUR LE FOOT-BUSINESS

TROP D’ARGENT PUBLIC POUR LE FOOT-BUSINESS

Sport - Aube

Par Dany Bouteiller

Troyes Champagne Métropole, le Conseil départemental de l’Aube et la Région Grand-Est s’apprêtent à verser 15 millions d’euros cumulés de fonds publics pour financer la construction du futur centre d’entraînement de l’Estac à Rouilly-Saint-Loup (37,5 % du coût total du projet).

Priorités budgétaires

Alors que « les efforts budgétaires » sont demandés aux collectivités territoriales, les fonds publics sont limités et pourraient être mieux utilisés pour d’autres services essentiels comme l’éducation, la santé, l’aide sociale où les besoins sont plus criants.

Il est impossible de prouver un retour sur investissement tangible et significatif pour les collectivités lorsque des fonds publics sont injectés dans le sport professionnel, industrie de divertissement lucrative (L’Estac n’est ni le PSG, ni Barcelone…).

Enrichissement privé des fonds publics

L’argent public ainsi offert pourrait indirectement enrichir le propriétaire de l’Estac, en l’occurrence City Football Group, mais aussi des joueurs et des agents déjà (trop) bien rémunérés. C’est totalement injuste pour le contribuable.

Que savons-nous de la transparence de la gestion de ces fonds ? L’argent est-il utilisé de manière efficace et responsable ?

Autonomie du foot pro

Les structures professionnelles devraient, selon cette perspective, s’autofinancer grâce aux droits TV, sponsoring, à la billetterie (6353 spectateurs en moyenne par match pour suivre l’Estac au stade de l’Aube pour la saison 2024 - 2025, et non pas 10 000 à 15 000 comme le prétend François Baroin dans la presse auboise (du 5 juillet 2025), aux produits dérivés, comme tout autre entreprise de divertissement.

Capables de générer des revenus importants, elles ne doivent pas dépendre de l’argent des contribuables mais s’appuyer sur leurs propres ressources et des financements privés.

Dynamiser le sport amateur

L’argent public doit aller au sport amateur qui joue un rôle de santé publique, de bien-être, d’éducation, de partage (intégration sociale, détection des talents), de cohésion sociale et de lien territorial (animation, accès à tous, volontariat et bénévolat). C’est une plus-value essentielle pour le dynamisme des territoires.

Pourquoi subventionner indirectement des salaires exorbitants et des infrastructures coûteuses alors que trop de citoyens peinent à accéder à des services de base et aux activités sportives ?

 

 

 

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