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8 juillet 2025
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Une tradition concernant le mariage, celle du marié qui fait franchir le seuil du domicile conjugal à la mariée en la soulevant, fait référence à l'enlèvement des Sabines par les premiers Romains, c'est-à-dire à un viol en bande organisée. Pour faire grandir Rome ils avaient besoin d'avoir des enfants, ils se sont donc servis chez leurs voisins. Un simple transfert de propriété. Jusqu'à tout récemment, les épouses étaient considérées comme subordonnées à leur mari. L'affaire Pélicot le montre très clairement : les violeurs ne pensaient pas violer puisque le mari était consentant, peu importait l'avis de l'épouse, seul l'avis du propriétaire comptait.

La loi récente sur le consentement peut donc paraître une mise au point indispensable et elle l'est. Mais est-ce que cela va changer les raisons qui font qu'un homme s'arroge le droit de violer, à savoir la culture du viol, fondée sur l'infériorité supposée des femmes qui justifie l'inégalité salariale et la remise en question récurrente du droit à disposer de leur corps ?

« Parler de consentement, c’est perpétuer une représentation de la sexualité qui n’est pas fondée sur l’égalité et le désir », a dit la sénatrice PS Laurence Rossignol. Elle s'est abstenue, tout comme la majorité du groupe communiste qui, à travers la remarque de Silvana Silvani, craint que le procès ne tourne désormais davantage autour de l'attitude de la victime que du comportement de l'agresseur. À une culture du viol, structurelle, liée au patriarcat, doit répondre une autre culture, celle de l'égalité réelle des droits, qui ne permet pas de se croire propriétaire de quelqu'un du fait d'un lien supposé de subordination. Des adversaires d'un tel changement sont déjà connus : en 23, le RN s’abstient, lors de l’adoption de la Convention d’Istanbul, sur « la prévention de la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique », il s'abstient aussi sur les questions d'égalité au travail au Parlement européen...

 

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