
Il est facile de mesurer l’ampleur des ravages de l'indifférence dans notre société. Il suffit pour cela de faire la comparaison entre la fréquentation des stades de foot bondés et la participation aux manifestations diverses, ces engagements citoyens qui ne suscitent pas d’engouement. Plusieurs faits poignants marquent l’actualité, révélant tous une situation insoutenable, comme les souffrances du peuple palestinien, la guerre en Ukraine, les licenciements de milliers de travailleurs, les casses sociales d’entreprises, le démantèlement des services publics, les attaques contre les conquêtes sociales, etc.
Être confronté à cette dure réalité, devrait engendrer de la révolte, plutôt que de la résignation, inciter un réveil de la conscience, à l’esprit critique qui orienterait vers un état de vigilance, voire du militantisme. Alors, pourquoi cette apathie face à ces événements qui devraient soulever une indignation ? Ces faits d’actualité sont-ils voués à devenir la norme ?
Plusieurs facteurs mènent à la résignation. Un gouvernement et un président hors sol qui n’écoutent qu’eux-mêmes, continuant une logique contraire aux intérêts du pays, leurs promesses vite oubliées, les médias anxiogènes, leur fausse neutralité déformant la vérité et les mensonges de l’extrême droite mobilisée pour des promesses illusoires.
Au final, tout cela développe un sentiment d’impuissance qui endort les masses. On ne se mobilise plus, persuadé que cela ne sert à rien, on se résigne. La footballisation de la société a pris sa part pour faire mettre le genou à terre à la réflexion. Pour spécifier cette absence notoire de prise de conscience menant à l’immobilisme, l’expression latine « du pain et des jeux » est à nouveau appropriée à l’endormissement des esprits.
Michel Grossmann
© 2025 - La Dépêche de l’Aube
Création : Agence MNKY