
Système de santé
Notre système de santé est de plus en plus malmené, les déserts médicaux n’ont de cesse de s’élargir mais visiblement tout cela n’est pas une priorité pour notre premier ministre. Son obsession : l’austérité ! Mais pas pour tout ni pour tout le monde. La Dépêche de l’Aube a creusé pour vous le sujet.
Régulation des médecins
Nous l’avons abordé il y a quelques semaines, la loi concernant la régulation de l’installation des médecins a été adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture. Elle sera examinée par la Chambre haute à l’automne.
Depuis le vote du texte, les médecins généralistes ont bruyamment manifesté leur opposition. Force est de constater que les lobbys feront tout pour conserver leurs privilèges. La présidente du syndicat des médecins libéraux hurle au scandale et rappelle le principe de la « liberté d’installation » et explique que les médecins seraient désormais des « pions sur un échiquier ». Rappelons tout de même que les médecins sont libres de s’installer sur 87% du territoire… on a vu pire comme coercition !
D’ailleurs de nombreuses mesures incitatives avaient été mises en place pour faire en sorte que les médecins s’installent dans les zones les moins pourvues comme, par exemple, des aides à l’installation financées par des fonds publics. Mais sans succès.
Les internes en médecine ont également manifesté leur opposition à cette loi en appuyant davantage sur leurs conditions de travail désastreuses. En effet, ils pratiquent des semaines de 60 heures, parfois de 110, des salaires de misère, des stages mal encadrés…
Un interne en médecine se suicide tous les dix-huit jours tellement les conditions de travail sont dures. Constat réel, mais la réponse ne peut pas être : subissez pendant votre internat et vous pourrez vous installer où vous voulez ensuite.
Visiblement tout cela montre bien que notre système de santé a un problème global et qu’il faut urgemment produire des solutions. Mais le problème on le connaît : la casse des services publics et le manque de moyens ! Les réponses seront donc des choix politiques et cela devient vital !
L’urgence d’agir pour lutter contre les déserts médicaux
Aujourd’hui 25 % des généralistes installés dans les 13 % les mieux dotés de l’Héxagone suivent moins de 500 patients, alors que ceux des déserts médicaux en ont 2 500 chacun. 87 % du territoire est désormais un désert médical où les spécialistes rechignent à s’installer. Les généralistes qui partent à la retraite ne sont pas remplacés, laissant plus de 6,7 millions de Français, dont 500 000 souffrants d’affection longue durée, dépourvus de médecin traitant.
Il en est de même pour les spécialistes où dans certains départements les patients n’ont pas d’autre choix que de se rendre dans le département voisin, voire de traverser la région pour avoir accès à des rendez-vous. L’accès à l’Hôpital public et aux urgences est également catastrophique, rappelons ce cas récent de jeunes parents originaires des Alpes-de-Haute-Provence qui ont dû parcourir plus de 400km pour trouver des urgences pédiatriques qui pouvaient les recevoir. On en arrive à des situations ubuesques qui peuvent avoir des conséquences dramatiques.
Nous sommes d’ailleurs au coeur du problème ici dans l’Aube étant donné que nous sommes un désert médical. Il manque 40 à 50 médecins généralistes dans l’Aube.
Nous comptons 69,4 médecins pour 100 000 habitants alors qu’on en compte 139,3 pour les Hautes-Alpes, département le plus pourvu. La Guyane, dernier département en compte 44,9. Nos petites maternités de proximité sont menacées comme c’est le cas à Romilly. Nous subissons de plus la mainmise du privé dans nos hôpitaux publics, en effet l’Hôpital de Romilly ne dispose plus de pôle chirurgical, pour se faire opérer il faut se rendre à la clinique privée Pays-de-Seine (qui d’ailleurs a failli fermer elle aussi).
Des solutions politiques et vite
Face à cela, l’ensemble des Françaises et Français attendent des réponses. Là encore, celles proposées par le gouvernement ne sont clairement pas à la hauteur. Que dire des récentes déclarations du Premier ministre qui a proposé que les médecins généralistes aillent « dépanner » deux jours par semaine dans les déserts médicaux. Ce n’est pas sérieux.
Évidemment, beaucoup de ses détracteurs le disent, la régulation de l’installation des médecins ne suffira pas. Elle ne fera que stopper l’hémorragie, il y a besoin de former davantage de professionnels de santé et donc de moyens pour le faire.
La question des Centres de santé municipaux avec des médecins salariés doit être creusée. Citons ici un témoignage recueilli par nos confrères de L’Humanité : celui du médecin Edouard Jean Baptise, salarié d’un Centre de santé à Gagny (Seine-Saint-Denis), « Je travaille 35 heures par semaine, payées 40 € de l’heure, ce qui est très correct, d’autant que je n’ai pas de tâches administratives à assumer. Je peux consacrer une heure à un malade si nécessaire. »
Un plan de développement de l’Hôpital public doit être mis en place. Le PCF propose la création de 100 000 emplois de professionnels de santé, l’amélioration des conditions de travail des soignants, l’arrêt de la privatisation des hôpitaux et le développement des hôpitaux de proximité.
Nos gouvernants débloquent des millions pour l’économie de guerre, il suffit juste de flécher l’argent sur l’économie de santé. Tout est question de choix politiques.
Les chiffres sont intéressants parce que, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, ce ne sont pas les usagers qui sont en majorité concernés par la fraude mais bien les professionnels de santé : des opérateurs privés.
80 % du préjudice est dû à des fraudes commises par des professionnels de santé et des établissements. Le total s’élevant à 986 760 euros.
Une grande partie des fraudeurs seraient des audioprothésistes qui pratiquent notamment le démarchage à domicile.
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