

On ne dira jamais assez les problèmes des patrons des petites et moyennes entreprises : prenons Marine Le Pen et son entreprise familiale. La justice, au nom d'une loi pour lutter contre la corruption, votée par le FN, vient de la condamner à l’inéligibilité pour trois fois rien : un peu plus de 4 M€ d'argent public méthodiquement détourné. Or cela condamne cette cheffe d’entreprise à cesser son activité, une activité pourtant en plein essor et appelée à devenir encore plus lucrative. Aussi son désarroi fait-il peine à voir : elle en arrive à se comparer à Martin Luther King - on croit rêver -, et ne veut pas être traitée comme une « citoyenne de seconde zone » mais comme une « citoyenne de première zone ». Les citoyens français se répartissent donc en deux zones, une révélation ! Et la voilà qui parle, avec une bonne dose de mégalomanie, d’une décision qui a « foulé au pied [s]on peuple, [s]on pays et [s]on honneur. » Les électeurs du RN savent désormais qu'ils sont devenus son peuple à elle. Un peuple qui, à regarder les votes du RN, ne voudrait pas voir le SMIC augmenter ? serait contre l’égalité professionnelle ? ne reconnaîtrait pas le harcèlement de rue ? qui pour l'UE ne voudrait pas du salaire minimum ? ne voudrait pas du droit à l'IVG comme droit fondamental ?
Derrière le rejet de l’immigré et la préférence nationale présentés comme la protection des travailleurs et des femmes en général, se cache évidemment la promotion d’un capitalisme qui a besoin d’une société conservatrice sans revendication, avec une natalité suffisante pour créer de la demande et de la main d’oeuvre. L’Italie, qui a une Le Pen d’avance avec Meloni, s’enfonce profondément dans la crise économique et démographique, et Meloni veut faire passer un décret-loi « sécurité » qui criminalise toute manifestation de rue et fige ainsi la société. Les clients de la PME française sont avertis.
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