
Conseil municipal de Troyes
Le Conseil municipal de la ville de Troyes s’est tenu le 24 mars dernier, les orientations budgétaires étaient à l’ordre du jour. Force est de constater que le cap de la majorité municipale reste le même et il n’est, encore une fois, pas du côté des plus précarisés, pourtant nombreux dans la préfecture auboise.
Un débat vif
Plusieurs points de la présentation du budget ont suscité du débat parmi les élus, citons par exemple l’école où Laetitia Beury, ancienne élue République en marche, a été particulièrement véhémente concernant l’école internationale et a exigé « un audit détaillé de l’impact de cet investissement sur le budget ». Elle a jugé ce choix budgétaire irresponsable tout en ne proposant rien sur le fond.
Anna Zajac est revenue elle aussi sur l’école mais pour appuyer sur la nécessaire végétalisation des cours des écoles, la ville de Troyes étant en retard selon elle alors que c’est une question cruciale pour la sécurité des enfants dans le contexte de réchauffement climatique. On voit bien que les priorités de Monsieur le maire sont autres comme dépenser des centaines de milliers d’euros pour occulter les cours d’école ou bien encore mettre en place l’uniforme qui pourtant, comme vous avez pu lire dans nos colonnes, ne réduit pas les inégalités sociales.
En ce qui concerne l’école internationale dont l’ouverture est prévue pour la rentrée scolaire 2025, l’élue communiste a posé plusieurs questions tant sur les effectifs, la carte scolaire que pour les dérogations qui seront accordées pour des enfants domiciliés hors de Troyes. « N’y a-t-il pas un risque de déstabiliser les effectifs dans des communes rurales avec risque de fermeture de classe et même d’école ? ».
L’élue a également dénoncé le retard accumulé en ce qui concerne les mobilités, entre autres les pistes cyclables. Mais visiblement les priorités du maire sont ailleurs, il a balayé le problème d’un revers de main, en répondant qu’il ne voulait pas ressembler aux villes comme Paris, ou même Strasbourg ou Poitiers (villes avec une mairie socialiste ou écologiste et une coalition de gauche).
Anna Zajac est aussi revenue sur la police municipale, très conséquente à Troyes, puisque composée de 80 policiers avec la volonté d’augmenter les effectifs à 100. L’élue a particulièrement insisté sur le glissement des taches de l’État vers la municipalité.
En effet, la police municipale se retrouve à devoir assumer des missions relevant de la police nationale, puisque l’État se désengage, il y a de moins en moins de police de proximité et c’est donc la collectivité qui doit porter la charge qui revient en fait à l’État alors que pourtant la sécurité des citoyens est de son ressort.
« Vous contestez, critiquez, à juste titre, le désengagement de l’Etat dans de nombreux domaines et pourtant en ce qui concerne la sécurité… vous décidez à Troyes d’augmenter le nombre de policiers municipaux et ainsi vous acceptez le transfert financier important de l’État vers la commune. » a rappelé Anna Zajac.
Tout est question de choix politique
Dans son intervention Anna Zajac est revenue sur le contexte national qui entraînera encore des baisses de dotations pour les collectivités territoriales et impacteront de fait le fonctionnement. Ces impacts cumulés à l’inflation et au contexte économique très difficile suscitent la grogne de nombreux maires de France.
Néanmoins le maire ne peut pas seulement se cacher derrière le contexte national, il est vrai préoccupant, mais la ville de Troyes ne subit pas de baisse de dotations de l’État en raison des faibles ressources des habitants. François Baroin reconnaît que la ville est pauvre mais ses choix politiques ne répondent pas aux besoins de l’ensemble de la population, plus d’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, « Il est indispensable que la Ville fasse un effort en matière de solidarité. Nous renouvelons nos demandes de création de droits dont l’instauration d’une tarification sociale pour, entre autres la restauration scolaire afin de permettre à une majorité d’habitants de bénéficier des services publics et ainsi améliorer le pouvoir d’achat de nombreuses familles.» a demandé Anna Zajac.
Elle a conclu son intervention en expliquant que les choix politiques de la majorité n’étaient clairement pas à la hauteur de l’urgence de la situation et que les élus du groupe de gauche voteraient donc contre le budget.
Pendant qu’Anna Zajac, au nom de la gauche intervenait et faisait des propositions pour la population troyenne, l’extrême droite a encore une fois a brillé par son absence. Des chaises vides et aucune intervention, voilà l’apport du RN pour la municipalité. Encore une autre preuve qu’en plus de leur politique rance de division, ces gens-là ne sont absolument pas du côté de la population !

À la réunion publique du quartier des Chartreux qui s'est déroulée à l'école Paul Bert le jeudi 20 mars dernier, un citoyen s'inquiète du manque de pistes cyclables à Troyes, et notamment du manque de sécurité pour les cyclistes avenue Pierre Brossolette, rappelant que la ville deTroyes est classée E sur le baromètre des villes cyclables, comparée à Grenoble qui est classée B. François Baroin rebondit en affirmant que Grenoble est une ville dangereuse, où les habitants se sentent en insécurité, éludant ainsi la question des pistes cyclables ! Baroin a l'art et la manière d'éluder le problème au mépris de la préoccupation des habitants qui pourtant se plaignent de l'insécurité routière pour les cyclistes.
Le maire de Troyes surfe sur le sentiment d'insécurité pour justifier sa politique, et a pour seule obsession le recrutement de policiers municipaux armés pour atteindre un effectif de 100 et poursuivre l'installation de caméras de vidéo protection, tout en supprimant des postes de médiateurs dans les quartiers. La ville vient de recruter un maître-chien avec son chien, un nouveau "policier" qui a un coût de 400 € par mois sans oublier le salaire de son maître. La sécurité telle que voulue par le maire est une charge très importante pour le budget de la ville sans preuve d'une diminution de la délinquance.
Les habitants de notre ville ont besoin d’un vrai programme ambitieux pour changer leur vie vraiment ! C’est ce que nous voulons porter.
CHARLINE BRIOT
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