
Éducation - carte scolaire 2025
Courant janvier, le recteur a annoncé la répartition des moyens pour la rentrée 2025 dans l’académie de Reims. Il a fait le lien entre la baisse démographique et donc la baisse d’effectifs d’élèves, ce qui engendre un retrait d’emplois de 64 équivalents temps plein (ETP) dans le premier degré et 38 dans le second degré.
Dans l’Aube, onze postes en moins sont annoncés contre 17 l’an dernier. Il y a quelques jours la carte scolaire 2025 a été présentée aux syndicats lors du comité social d’administration.
Logique comptable
Les syndicats ont été unanimes sur le fait que la logique comptable prédomine et qu’il aurait été plus judicieux de profiter de la fameuse baisse démographique pour améliorer le taux d’encadrement. En effet, les classes surchargées sont en véritable problème que cela aurait pu pallier.
Mais force est de constater que l’académie se plie aux directives nationales d’économies. La responsabilité de Macron est grande dans l’aggravation de la crise du système éducatif. La covid a été un révélateur de ces inégalités, mais aussi un prétexte pour renforcer la sélection et le tri social, dégrader les conditions de recrutement et d’exercice des métiers de l’éducation.
Le Président entend instaurer une l’école à minima pour tous et livrer au marché des pans entiers du système éducatif : enseignement privé, cours particuliers, « coaching », loisirs éducatifs privés... Il pourra compter sur la droite et le RN pour accompagner ces mesures.
Cette école « du futur » est la réponse ultralibérale non pas à la crise de l’école mais à celle du capitalisme. Ces suppressions de classes, sous couvert des excuses démographiques, se fondent donc parfaitement dans le budget austéritaire Bayrou.
L’ensemble du département concerné
De nombreuses villes et de nombreux villages de notre département sont concernés par la fermeture de classes comme Bar-sur-Aube, Nogent, Romilly-sur-Seine ou encore Piney et Verriere. En zone rurale, ces fermetures contribueront davantage à la désertification en services publics de ces territoires.
Pour une petite ville, la fermeture d’une ou plusieurs classes peut entraîner le déménagement des familles, et in fine une mise à mort économique de la commune.
L’association des maires de France (AMF) s’inquiète d’ailleurs du nombre élevé de fermetures de classes décidé dans plusieurs départements pour la rentrée 2025, « sans concertation » avec les acteurs locaux. Et ce, alors que le gouvernement a renoncé à la suppression de 4 000 postes d’enseignants.
À Troyes, la fermeture de l’école Dutreix en faveur de l’école internationale fait plus que grincer des dents. En effet c’est la deuxième école qui ferme (la maternelle des Trévois avait déjà fermé) au profit du mastodonte international qui se verra accueillir plus de 400 élèves.
François Baroin se félicite de ce projet d’école internationale en arguant le fait que la ville n’a pas construit d’école depuis 1982, certes mais peut être faut-il lui rappeler que pour ouvrir sa fameuse nouvelle école il en ferme deux autres…
Quid des bâtiments de l’école Dutreix, en bon état d’ailleurs puisque des travaux y ont eu lieu depuis moins de 10 ans ? Selon Stéphanie Baroin adjointe à l’Éducation le bâtiment sera évidemment conservé mais le projet est encore en cours de réflexion… à suivre donc.
Fort heureusement, des voix de résistance se font entendre contre ces logiques libérales, les communistes sont évidemment parmi ces voix : il s’agit bien de transformer l’école publique pour qu’elle puisse accomplir ses missions. Il s’agit de refonder l’école en cherchant à répondre aux besoins de celles et ceux qui n’ont que l’école pour apprendre, et cela sera profitable à tous les élèves.
Il faut refonder un grand service public de l’Éducation réunifié, et en finir avec la concurrence du privé !
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