

Conséquence du projet de loi de finances du gouvernement
Inquiétude et colère vis-à-vis du projet de loi de finances soumis au Parlement par le gouvernement de Michel Barnier, c’est ce qui semble ressortir de la dernière session du Conseil départemental qui peut se voir imposer une ponction de près de 10 millions d’euros sur ses recettes d’après son président Philippe Pichery. Un tel projet est en effet tout à fait injuste et inacceptable.
Injuste car contrairement à la campagne de propagande engagée par l’ancien ministre des finances Bruno Le Maire ce ne sont pas les collectivités locales qui sont la cause de l’envolée de la dette du pays. Communes, Départements, Régions ne sont responsables que de 7 % de la dette nationale et il convient de souligner que les collectivités locales réalisent 70% des investissements civils du pays.
À supposer que les collectivités doivent être mises à contribution l’effort demandé au Département de l’Aube devrait donc être à due proportion de 500 000 € et non de 10 millions ! Mais les moyens des collectivités ont déjà été rognés toutes ces dernières années par les gouvernements successifs. S’attaquer à leurs ressources c’est assurément jouer contre l’économie et l’emploi local et rendre plus difficile l’aide aux populations les plus fragiles, l’action sociale étant une mission essentielle des départements par exemple.
La fortune des milliardaires français a plus que triplé en 7 ans !
Inacceptable car si la dette, qui n’est pas mauvaise en soi (tout dépend de l'utilisation que l’on en fait), s’est envolée depuis 2017 de plus de 1 000 milliards, elle a servi pour une part essentielle à engraisser le capital et à diminuer l’impôt des riches. La fortune des milliardaires français a plus que triplé en 7 ans !
Le démantèlement de l’impôt d’hier au bénéfice d’une toute petite minorité de la population, crée les déficits d’aujourd’hui. Il n’y a pas d’issue possible à cette situation sans changer profondément de logique économique et sans réformer en profondeur la fiscalité.
L’heure devrait être à la mise en place d’une fiscalité juste
L’heure devrait être à la remise en question de ces milliards d’euros d’aides inefficaces accordées à certains grands groupes sans aucune contrepartie en matière de maintien et de créations d’emplois, d’amélioration des qualifications et des salaires.
L’heure devrait être au conditionnement des aides nécessaires pour répondre à l’intérêt général. L’heure devrait être à la mise en place d’une fiscalité juste, c'est-à-dire mettant réellement à contribution les citoyens en fonction de leurs richesses, en mettant en place une réelle progressivité de l’impôt. Ce n’est que justice que les petits payent petit et que les gros payent gros.
Le gouvernement, qui ne peut faire passer sa loi de finances 2025 qu’avec le soutien ou la bienveillante abstention des députés du Rassemblement National, reprend en les aggravant les vieilles recettes : faire les poches des plus modestes, ponctionner les collectivités dont le rôle est de répondre aux besoins fondamentaux et de proximité de leurs habitants, réduire encore les moyens des services publics déjà très mal en point.
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