« DÛT-IL Y PÉRIR »

« DÛT-IL Y PÉRIR »

19 juillet 2024
Catégorie(s) :

Au Moyen-Âge, l'Église qui donnait le rythme du temps de travail, rendait obligatoire le repos dominical pour pouvoir (en fait, devoir) aller à la messe. Et s'y ajoutaient les fêtes religieuses. Et gare à ceux qui travaillaient le dimanche ! Au XVIIIe la propriété et l'abondance de marchandises liée aux colonies et au début de l'industrialisation entraînent la demande de travailler autant que l'on veut et même le dimanche pour satisfaire à la demande de consommation, mais cela ne vaut que pour les artisans et les paysans propriétaires de leur outil de travail. La révolution industrielle va imposer très vite un temps de travail de 15 à 17 h jour, y compris le dimanche. En 1848 un décret fixe la journée de travail à 12h, mais quelques années après le patronat de l'industrie impose l'allongement du temps de travail ; l'historien P. Pierrard rapporte les propos d'un patron du textile qui s'adresse à un inspecteur du travail : « La science économique veut que l'homme, dût-il y périr, doit toujours suivre le rythme de la machine qui, elle-même, pour assurer la prospérité, ne doit jamais s'arrêter. » Il faudra attendre 1906 pour un jour de repos hebdomadaire et 1936 pour la semaine de 40h et deux semaines de congés payés.

Gabriel Attal a fait le 9 juillet dernier un grand saut en arrière en accordant in extremis aux patrons vignerons la possibilité de faire travailler sans repos hebdomadaire les saisonniers, une fois par mois, soit 13 jours d'affilée. « Dût-il y périr » aurait pu être repris : dans la chaleur intense que l'on a connue fin août et septembre derniers, il y eut à déplorer 6 morts parmi les saisonniers, exposés trop longtemps à une chaleur trop forte et sans hydratation prévue, dont un jeune homme de 19 ans qui était venu faire les vendanges pour payer ses études. La justification d'un tel décret est qu'une récolte peut rapidement être détruite à cause d'intempéries. Une vie de travailleur saisonnier aussi, mais qu'est-ce que cela vaut en regard de la prospérité des vignerons ?

 

Partager l'article :

Les dernières actus

UN DROIT FONDAMENTAL MIS À MAL

Logement dans l’Aube On présente souvent l’Aube comme un territoire épargné par la crise du logement. Pourtant, la réalité vécue par de nombreux habitants est bien différente. À Troyes et dans son agglomération, se loger...

ÉGALITÉ ?

Troyes Cinquante places en plus, réservées aux femmes dans une école d'ingénieurs troyenne, bonne idée a priori. À posteriori, c'est plutôt inquiétant puisque l'école en question, l'APF Engineering School est, à sa création en 1925,...

QUAND LES BREBIS GALEUSES RETOURNENT AU BERCAIL

La respectabilité du RN n’est en fait qu’un grossier vernis, qui, quand on le gratte laisse apparaitre des élus peu reluisants, des candidats épinglés, pour des propos racistes, antisémites et homophobes ou pour leur proximité...
1 2 3 520

Vous ne voulez rater aucun numéro de la Dépêche ?

Abonnez-vous, vous recevrez chaque numéro dans votre boîte aux lettres.
Je m'abonne

© 2026 - La Dépêche de l’Aube

Création : Agence MNKY

magnifiercrossmenuchevron-down
linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram