LA COULEUR DU CALEÇON DE POUTINE

LA COULEUR DU CALEÇON DE POUTINE

12 janvier 2024
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« Dessine-moi un gouvernement… Non, celui-là est déjà très malade. Fais-en un autre ». Ainsi pourrait-on plagier Saint-Exupéry et son Petit Prince. La première semaine de 2024 a été bercée des longueurs monotones d’un remaniement ministériel. Nouvelle scénette du petit théâtre macronien. Peu d'engouement des Français pour le départ d'Élisabeth Borne que remplace Gabriel Attal. Second plus jeune chef de gouvernement français, il eut pour devancier en âge Louis de Bourbon-Condé, nommé en 1723, à 31 ans, premier ministre par Louis XV. Voilà qui ne devrait pas déplaire à l'actuel locataire du palais qu'avait offert le même Louis à sa favorite, la marquise de Pompadour, aujourd'hui l’Élysée. Disons-le tout cru, les Français se battent l’oeil de ce remuement gouvernemental dont le maître-mot pourrait être la réplique du Guépard* : « il faut que tout change pour que rien ne change ».

Ce qui les préoccupe, c’est l’inflation qui pèse durablement sur le pouvoir d’achat. C’est le prix des loyers qui condamne une partie des travailleurs pauvres à un habitat indécent. Ce sont les centaines de milliers de nos compatriotes qui ne parviennent plus à se nourrir et qui attendent, comme d’autres guettent la pluie en plein désert, qu’advienne enfin le « ruissellement » des richesses promis. Ceux qui s’intéressent à la politique s’inquiètent d’une année où la moitié de la population mondiale sera appelée aux urnes, parfois embrigadée dans des simulacres de démocratie. Ils guettent du coin de l’oeil, la présidentielle de novembre aux États-Unis. Et s’interrogent : la Maison-Blanche sera-t-elle occupée par un vieillard ou par un fou furieux complotiste ? Chacun pressent que 2024 pourrait être l’année du basculement. Soit vers un nouvel espoir, soit dans un gouffre où résonnent déjà de sinistres bruits de bottes. Dans ce contexte, la personnalité du lampiste qui tient la chandelle à Matignon importe autant que la couleur du caleçon de Poutine.

* Roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa adapté au cinéma par L.Visconti.

 

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