UNE NOUVELLE ÈRE DE LA SÉCURITÉ SOCIALE S’IMPOSE

UNE NOUVELLE ÈRE DE LA SÉCURITÉ SOCIALE S’IMPOSE

1 avril 2022
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Notre dossier cmjn 

Santé - Hôpital

La pandémie du COVID, a mis en évidence le désastre qu’ont représenté les politiques de rentabilisation et de coupes budgétaires pour l’hôpital public, pour notre système de santé et pour l’ensemble des personnels soignants.

La responsabilité des gouvernements successifs est immense. Les partis politiques qui adhèrent aux thèses libérales et sociales libérales ont une immense responsabilité. Tout comme les élu-es locaux qui comme dans notre département de l’Aube facilitent encore cette mainmise de la sphère marchande sur notre santé. Le livre « Les Fossoyeurs » sur les EPHAD du groupe Orpéa vient d’ouvrir les yeux du grand public sur un des aspects les plus terribles de la privatisation de notre système de santé.

Pour les multinationales et les marchés financiers, les biens communs les plus essentiels à notre vie quotidienne comme la santé, ou les conditions d’existence de nos aîné·e·s, sont considérés comme une source de profits immenses. Des cliniques privées qui favorisent les opérations les plus rentables, aux dépassements d’honoraires qui contraignent des centaines de milliers de nos concitoyens à renoncer à se soigner par manque de moyens, on se rend compte qu’aujourd’hui tout le réseau de la santé est affecté par la notion de rentabilité.

Les élections présidentielles doivent être l’occasion d’ouvrir le débat sur cet enjeu fondamental pour notre société. Une nouvelle ère de la Sécurité sociale s’impose, dans le respect des principes de sa création par le ministre communiste Ambroise Croizat, en 1945 : cotiser selon ses moyens, recevoir selon ses besoins.

Aube - Romilly-sur-Seine

UN ÉTAT DES LIEUX ALARMANT

dessin Gérard Le Berre cmjn

Lors de l’élaboration du Contrat Local de Santé (2019-2013) de la ville de Romilly-sur-Seine un diagnostic territorial de santé a été effectué. Retour sur quelques données de ce document public1 qui montre l’ampleur des moyens à mobiliser pour répondre aux besoins de santé de la population qui souffre.

L’Aube est un département de bas salaires. Sur le territoire de Troyes Champagne Métropole on compte 56% de foyers fiscaux non imposables. Le problème d’accès aux soins y est devenu récurrent et de plus en plus insupportable. Dans ce marasme social, l’Aube compte un des territoires les plus pauvres de la France métropolitaine. Il s’agit de celui de Romilly sur Seine.

La pauvreté marque le territoire

Le revenu moyen des foyers fiscaux est de 16 409 € contre 23 325 € sur le bassin de Troyes (2014). On compte 19% de familles monoparentales contre 14,8% en France. La part des familles avec 3 enfants et plus, de moins de 25 ans, est de 12,1% contre 9% dans l’Aube. Il y a 41,3% de ménages d’une personne contre 35,1% en France. La part des retraités dans la population représente 34,7% contre 27% au niveau national. On dénombre 6,1 ouvriers pour 1 cadre contre respectivement 3,1 dans l’Aube et 1,4 au niveau national.

Déficit de formation des jeunes

49% des plus de 15 ans sortent du cursus scolaire sans diplôme, 38% au niveau de l’Aube et 32% au niveau national. Seulement 30% des 18/24 ans poursuivent des études, en France ce taux est supérieur à 50%.

Mauvais état de santé de la population

L’espérance de vie des habitants de la Communauté de Communes des Portes de Romilly-sur-Seine est pour les hommes de 74,6 ans et de 83,4 ans pour les femmes contre, respectivement 78,7 ans et 85,2 ans au niveau national.

La mortalité générale est supérieure à ce qui est observé en France : taux de mortalité de + 24 % pour les hommes et de 21 % % des pour les femmes.

La part des bénéficiaires de l’ALD (Affection de Longue Durée) est supérieure à Romilly (18.6%) de celle constatée dans l’Aube et au niveau national notamment pour les cardiopathies valvulaires (+6,3%), pour le diabète (+3,8%), pour les cancers (+1,4%) ainsi que pour les affections psychiatriques de longue durée (+1,9%). Il est aussi constaté sur la période (2014/2001) une constante évolution des AVC avec un taux qui reste cependant sous la moyenne nationale.

Une offre de santé insuffisante

Face à une telle situation l’offre de santé se révèle insuffisante pour faire face aux besoins, d’autant que le mauvais état de santé globale de la population nécessite un recours accru aux soins dans toute leur diversité. En 2018 le territoire comptait 10 médecins généralistes dont 80% étaient âgés de plus de 55 ans, 14 infirmiers, 11 masseurs kinésithérapeutes, 13 chirurgiens-dentistes.

DÉPASSEMENTS D’HONORAIRES

DANS L’AUBE LE SCANDALE EXISTE AUSSI

Parmi les problèmes liés à l’accès aux soins, l’un des plus insupportables est celui des dépassements d’honoraires. Ils ont été rendus possibles par la mise en place du secteur 2, en 1980 par le Premier ministre de l’époque, Raymond Barre en 1980. Depuis il font les choux gras des médecins et singulièrement des spécialistes. En progression constante, ils représentaient 2,4 milliards € en 2011 pour atteindre près de 3 millions € en 2017. Depuis maintenant 40 ans, aucun des gouvernements successifs de droite comme de gauche n’a osé revenir en arrière et affronter les lobbys de la médecine privée et le très droitier et très influent syndicat des médecins, MG France. Les Auboises et les Aubois n’échappent pas à la règle et peu importe si notre département est l’un des plus pauvres de France, les spécialistes font ripaille comme le montre le devis ci-dessous concernant la chirurgie de l’estomac (obésité), où il est courant de constater un dépassement d’honoraires du chirurgien de 1 300 € à 1 700 €. Soit un dépassement d’honoraires jusqu’à plus de 300 % par rapport à la prise en charge de l’assurance maladie ! auquel s’ajoute le dépassement de l’anesthésiste !

La question des dépassements d’honoraires, notamment pratiqués localement, est un vrai sujet de préoccupations de la population auboise. Certaines mutuelles le constatent quotidiennement dans leurs accueils et l’on confirmé à La Dépêche de l’Aube.

Passy Connh

visuel dépassement cmjn

 

TÉMOIGNAGES

LES DANGERS DES DÉSERTS MÉDICAUX

Suite à une douleur à la poitrine, je suis allé consulter mon médecin fin août. Celui-ci m’a conseillé de voir un cardiologue. J’ai pris contact avec la secrétaire qui m’a donné rendez-vous mi décembre. La fatigue continuant et ayant le numéro de téléphone perso du spécialiste, j’ai pris contact avec lui. Il a avancé le rendez vous en septembre. Après le test d’effort qui a rendu un résultat préoccupant, l’étape suivante a été une angiographie artérielle. Résultat, pose de 2 stents sur l’artère principale. Le chirurgien m’a dit que quelques semaines de plus et cela aurait pu finir par un infarctus.

Conclusion, si je n’avais pas connu le cardiologue, je ne serais peut-être plus là. Celui-ci m’a dit qu’avec la baisse du nombre de cardiologues dans le département, le délai pour un rendez-vous risquait de passer de 3 à 6 mois. La question que je me pose est celle-ci : déserts médicaux, combien de décès ?

EG

RECHERCHE TOUBIB DÉSESPÉREMMENT

Quand je me suis réfugié à Troyes pour prendre ma retraite, il y a trois ans, je me suis mis en devoir de faire enregistrer ma nouvelle situation auprès de tous les organismes : trésor public, banque, mutuelle, assurances, etc. Un peu fastidieux mais sans réelle difficulté.

Quand je me suis mis à la recherche d’un médecin généraliste, ça s’est vraiment corsé. Tous les secrétariats des médecins visités m’ont affirmé qu’ils ne pouvaient pas prendre de nouveaux patients, complets. Au bout d’un an, un de mes yeux s’est enflammé et j’ai supplié le médecin proche de chez moi de me prendre en urgence, j’ai été reçu par sa remplaçante qui m’a soigné. J’ai ensuite demandé au secrétariat si je pouvais désormais être considéré comme un patient régulier, elle m’a répondu : je demanderai au docteur si c’est possible à son retour, rappelez dans un mois. ? Après un mois, plusieurs appels et sur ma lourde insistance, il a finalement accepté, ouf !

Mais pour l’ophtalmo, le cardio… pas de place, je dois toujours depuis retourner à Paris.

JV

 

Présidentielle

REFONDER L’HÔPITAL PUBLIC, ENGAGER UNE NOUVELLE STRATÉGIE NATIONALE DE SANTÉ

Fabien cmjn

LES PROPOSITIONS DE FABIEN ROUSSEL

Le droit à la santé nécessite une assurance maladie à la hauteur des besoins.La France a les moyens d’une politique ambitieuse de prévention et d’une prise en charge des soins à 100 %, dans le cadre d’un système de santé publique.

Ce doit être l’une des grandes conquêtes de ce 21éme siècle. Un grand débat national doit à cette fin être organisé, impliquant les citoyennes et les citoyens, afin que soient créées les conditions d’une prise en charge globale des risques, financée par les cotisations. Ce qui ne saurait se confondre avec une étatisation destinée à réduire les prestations à un « panier minimum », comme le laisse entrevoir le projet du président de la République et de son ministre de la Santé. Quant à l’autonomie, elle ne saurait relever d’une « cinquième branche » de la Sécurité sociale, qui serait financée par la fiscalité ; elle doit au contraire intégrer la branche maladie de la Sécurité sociale, financée par les cotisations.

DES MESURES URGENTES SERONT PRISES POUR RENDRE LES SOINS ACCESSIBLES À TOUTES ET À TOUS

Les franchises médicales et les participations forfaitaires seront supprimées.
Les dépassements d’honoraires devront disparaître et le retour à un secteur conventionnel unique sera négocié. Le tiers payant sera généralisé afin qu’il devienne effectif.
La puissance publique agira contre les déserts médicaux : dans les zones denses, un.e médecin ne devra s’installer que si un.e autre part à la retraite (conventionnement sélectif à l’installation).
Les centres de santé seront massivement développés.
Les quotas officiels ou officieux pour les formations initiales, médicales comme paramédicales, seront supprimés, des moyens supplémentaires donnés aux universités, avec des pré-recrutements ouvrant un présalaire aux jeunes pendant leur formation.
12 000 places d’étudiant.e.s en médecine seront ouvertes par an (au lieu des 8 000 actuelles).
Il sera mis fin à la mainmise du patronat sur la médecine du travail, et des services de prévention au travail seront mis en place, gérés par la Sécurité sociale.

UN PLAN DE DÉVELOPPEMENT DE L’HÔPITAL PUBLIC

➡ 100 000 emplois seront créés dans tous les métiers, tou.te.s les contractuel-le.s seront titularisé.e.s
➡ Les privatisations des hôpitaux publics seront arrêtées
Il sera mis fin au financement à l’activité (T2A)
➡ Les hôpitaux de proximité seront développés et reconstruits dans le cadre d’une politique globale d’aménagement du territoire et de l’amélioration de l’accès aux soins…
Chaque bassin de vie devra disposer d’un établissement de santé, à moins de 30 minutes (en condition réelles) de transport terrestre du domicile des patients.
➡ Remplacement des Agences régionales de Santé par des services régionaux démocratiques de l’État composés de trois collèges : usagers.e.s, professionnel.e.s de santé et élus du territoire…

Les propositions complètes de Fabien Roussel sont accessibles en ligne :

www.fabienroussel2022.fr/le_programme

 

 

 

 

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