LA MISÈRE DÉLÉGUÉE À BON COMPTE AUX ASSOCIATIONS CARITATIVES
Les locaux des Restos du Coeur de Troyes

LA MISÈRE DÉLÉGUÉE À BON COMPTE AUX ASSOCIATIONS CARITATIVES

28 janvier 2022
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Depuis dix ans, le nombre de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en France augmente. Le département de l’Aube n’échappe pas à la règle. Au-delà des statistiques officielles, il suffit de regarder les chiffres des organisations caritatives de notre département pour en faire la froide démonstration.

D’après l’Observatoire des inégalités, qui se base sur une définition restrictive, du seuil de pauvreté, c’est-à-dire situé à la moitié du revenu médian (855 euros par mois), le nombre de personnes pauvres en France a augmenté de 600 000 en dix ans, passant de 4,4 millions à 5 millions.

Au cours de la même période, le taux de pauvreté est passé de 7,3 % à 8 % de l’ensemble de la population. Si l’on prend un revenu médian à 60% du seuil de pauvreté c’est-à-dire 1026€ / mois, les chiffres s’emballent. 8.8 millions de personnes sont considérées comme impactées et le taux de pauvreté s’affiche à 14% dans notre pays. Une chose est certaine, la décennie 2000, marque un retournement historique de la tendance :

Phrase pauvreté

La pauvreté ne diminue plus en France, elle galope

À Troyes les Restos du Coeur observent 18% d’augmentation des inscriptions. Des étudiants qui bénéficient d’environ 70 repas par semaine, aux retraités, en passant par les repas bébés, c’est en tout 1300 inscrits, 853 familles (plus de 2000 repas/semaine) qui survivent grâce à l’aide de l’association caritative située rue Louis Morin à Troyes.

Si l’on additionne les 5753 bénéficiaires du Secours Populaire de l’Aube, les autres centres aubois de distribution des Restaurants du Coeur, notamment celui de La Chapelle St Luc et ceux du Secours Catholique, alors on mesure l’ampleur du phénomène qui touche le département de l’Aube.

La misère est là, elle se répand en silence et elle est déléguée à bon compte à ces associations caritatives et à ses bénévoles qui ont bien conscience de leur rôle mais qui s’interrogent aussi sur la société dans laquelle on vit, comme Joël, bénévole au Restaurant du Coeur :
« Pour moi, être bénévole aux Resto du Coeur est un acte de résistance, un acte militant au profit des plus démunis. Peut-on accepter dans notre pays, 6ème puissance mondiale, que des femmes et des hommes ne puissent se nourrir, se vêtir, se procurer des couches ou du lait pour bébé, faute de moyens ? Il y a là, du cynisme de la part de nos gouvernants qui sont polarisés par le fait de rendre les riches encore plus riches en oubliant le plus grand nombre. »

Pour 1300 bénéficiaires : 3000 € et le prêt d’un local

Oui, l’on peut dire que la misère est déléguée à bon compte, lorsque l’on constate par exemple que la municipalité troyenne se contente de verser une subvention de 3000 € aux Restaurants du Coeur en plus du prêt des locaux de la rue Louis Morin.

On estime pourtant que chaque repas servi par une association caritative équivaut à 0.20 € d’aide sociale que la Mairie ne prend pas en charge. Si l’on calcule que les Restaurants du Coeur à Troyes distribuent 100 000 repas à l’année, la municipalité de François Baroin devrait verser, pour compenser, une subvention de 20 000 €. Elle se contente de 3000 € !

George Sand disait : « La misère, c'est la crainte du lendemain plutôt que la souffrance du présent ». Pensait-elle donc déjà à son époque à toutes celles et ceux qui de plus en plus nombreux de nos jours vivent avec la peur du lendemain, bien qu’ils ou elles aient un travail ? Les fins de mois difficiles conduisent des milliers de familles de salariés à souvent se priver, voire à recourir elles aussi à l'aide alimentaire.

La société capitaliste basée sur la loi de fric, sur la domination des grands actionnaires aux dépens de celles et ceux qui produisent, conduit à une insécurité sociale qui pèse lourdement sur la vie quotidienne.

L’assouplissement du code du travail dicté par le grand patronat fragilise la protection des salariés, facilite le licenciement et pousse à accepter des conditions de travail dégradées et des salaires qui ne permettent plus de vivre dignement.

Est-ce que les élections présidentielles vont permettre de mettre la question du pouvoir de vivre au coeur du débat ? Une chose est certaine, cette question est déjà au coeur des préoccupations d’une immense majorité de nos concitoyens. Pour y remédier, les Françaises et les Français seraient bien inspirés de se saisir des propositions du candidat du Parti communiste français, Fabien Roussel.

 

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