COP26, UNE LENTEUR CRIMINELLE

COP26, UNE LENTEUR CRIMINELLE

19 novembre 2021
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Les sécheresses, les mégafeux de forêt, la fonte des glaces, l’élévation du niveau des océans… La multiplication des symptômes d’une catastrophe climatique déjà à l’oeuvre n’aura pas suffi à produire l’électrochoc attendu.

La COP26 s’est achevée samedi soir sur un constat d’échec. Après deux semaines de négociations, les quelque 200 pays réunis à Glasgow sont repartis avec un vague compromis visant à « accélérer » la lutte contre le réchauffement de la planète. Mais ne nous leurrons pas : sans réelles contraintes et mesures vigoureuses à court terme, cette « accélération » se résume, en vérité, à prolonger la politique des petits pas, les promesses lointaines et la primauté des intérêts financiers. Une lenteur criminelle lorsque l’urgence frappe à nos portes.

Les larmes d’Alok Sharma, le président britannique de la COP26, qui a présenté ses « excuses » au monde en concluant les travaux, donnent la mesure de la déception. La mention – pour la première fois – d’une vague perspective de réduction des énergies fossiles est l’un des points positifs. Mais il reste dérisoire.

On fonce dans le mur, en toute connaissance de cause

Au final, l’ensemble des engagements pris aujourd’hui par les pays, s’ils sont respectés, devrait permettre de contenir le réchauffement climatique à 2,4 °C d’ici à la fin du siècle. Déjà bien au-dessus du 1,5 °C, maximum acceptable si l’on veut conserver des conditions de vie décentes sur la planète. Songeons-y : pour atteindre ce Graal, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % d’ici à 2030. Or, sur cette période, les plans prévus par les États entraînent d’ores et déjà une hausse de 14 %… Bref, on fonce dans le mur, en toute connaissance de cause.

En dépit de son échec, la COP26 ne doit pas célébrer l’impuissance politique. Mais nous rappeler que la lutte climatique se joue dans des décisions d’une tout autre ampleur, en s’attaquant aux modes de production, aux logiques libérales du commerce mondialisé, à l’accaparement des richesses. S’extirper, par la pression populaire, de ce « business as usual », ces affaires qui continuent, au nom du profit de quelques-uns, et hypothèquent l’avenir de tous.

UNE DÉLÉGATION DU PCF À LA COP26

La délégation a porté le point de vue du PCF en intervenant lors des débats organisés par le PGE sur le financement des mesures climatiques ou du rôle de la démocratie sur les politiques énergétiques.

La bataille est aussi européenne. En effet, nous ne pourrons relever le défi climatique qu’en sortant du dogme de la concurrence libre et non faussée. Que ce soit le marché carbone qui donne un droit de polluer aux multinationales ou le marché de l’énergie, les politiques européennes sont inefficaces écologiquement et dramatiques socialement. Ce n’est qu’en rompant avec les traités européens et en nous engageant dans une Europe de la coopération entre des pays et des peuples libres, souverains et associés que nous pourrons atteindre nos objectifs. « Ce n’est pas le climat qu’il faut changer, mais le système » était d’ailleurs le mot d’ordre de notre délégation à cette COP26.

Ainsi, nos échanges avec les syndicalistes de la Fédération Internationale des Transports (ITF) ont souligné la convergence de luttes et de propositions pour un développement de l’usage du train et donc un investissement massif dans des transports publics et écologiques (transports urbains, fret ou transport passagers). C’est une proposition forte pour réduire nos émissions de CO2 et garantir l’accès aux transports comme un droit fondamental.

La bataille pour le climat peut aussi se mener localement, nationalement. Pour accentuer la pression populaire et faire changer le système, il faut rendre majoritaires des propositions concrètes et gagner leur application.

Ainsi, Fabien Roussel propose un pacte inédit pour le climat et l’emploi de 140 milliards d’€, en suivant les recommandations du GIEC. Il permettra, entre autres, de mettre en place la gratuité des transports en commun et de faire baisser le prix du billet SNCF, de rénover énergétiquement 500 000 logements par an, pour vivre plus confortablement en réduisant sa facture énergétique.

Voilà quelques exemples de propositions concrètes alliant bataille pour le pouvoir d’achat, pour l’écologie et favorables à l’emploi que nous voulons faire progresser jusqu’à les rendre incontournables.

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