C’EST DANS L’URGENCE QUE LA FRANCE DOIT AGIR POUR AIDER LA POPULATION AFGHANE !

C’EST DANS L’URGENCE QUE LA FRANCE DOIT AGIR POUR AIDER LA POPULATION AFGHANE !

20 août 2021
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Le chef de l'Etat, lundi soir, s'est fait l'écho des inquiétudes profondes que provoquent, chez nos concitoyennes et concitoyens, l'offensive militaire et la prise de pouvoir des Talibans en Afghanistan, et de la sympathie qu’ils éprouvent pour la population afghane. Des dizaines de milliers de femmes et d'hommes, souvent jeunes, sont directement menacés de mort par l’instauration d’une féroce dictature théocratique. Nous leur devons solidarité et soutien.

Depuis ce week-end, les autorités françaises finissent d'évacuer nos ressortissant·e·s et évoquent le nombre de 600 Afghan·e·s accueillis dans notre pays. Nous ne pouvons que nous en féliciter, mais c'est bien à toutes celles et tous ceux qui chercheront asile dans un pays de l'Union européenne et en France que ce droit devra être garanti, en application des conventions internationales, à commencer par la Convention de Genève. C’est ce que la France doit affirmer solennellement, plutôt que de brandir, comme vient de le faire le président de la République, le spectre des « flux migratoires ». Il n’est, de ce point de vue, pas admissible que le gouvernement souscrive au projet d'inclure les réfugié·e·s afghan·e·s dans l'odieux accord UE-Turquie sur les réfugiés syriens dont il bafoue déjà les droits fondamentaux.

Notre devoir est d'accueillir toutes celles et tous ceux qui le souhaitent.

Cinquante ans de guerre et d'interventions militaires étrangères, auxquels les gouvernements français successifs ont participé, ont fait de l'Afghanistan un pays ruiné et dépendant. En laissant ce dernier aux mains d’élites corrompues, plutôt que d’aider la population à construire une véritable démocratie, ils ont poussé 2,6 millions d'Afghan·e·s à se réfugier dans les pires conditions hors des frontières, le plus souvent en Iran, en Turquie ou en Asie centrale. La prise de pouvoir des Talibans chasse de nouveau des dizaines de milliers d'entre eux. Notre devoir est, sans hésiter, d'accueillir toutes celles et tous ceux qui le souhaitent.

C'est dans l'urgence qu'il faut agir pour sauver des vies !

Aujourd’hui les États-Unis abandonnent cyniquement l’Afghanistan aux Talibans, organisant le chaos dans toute cette région, au mépris des conséquences que cette attitude ne manquera pas d’avoir sur la sécurité et la paix du monde. L’heure n’est pas aux discours convenus, aux promesses de circonstances, aux exercices d’autosatisfaction. C'est dans l'urgence qu'il faut agir pour sauver des vies ! L'accord signé entre le président Trump et les Talibans, sans la participation aux discussions d'aucun autre représentant afghan, date de février 2020 et c'est en avril de cette année que son successeur, Joe Biden, a annoncé le retrait des troupes étasuniennes et de l'Otan pour cet été. Que de temps perdu, depuis 2020, à observer sans agir les Talibans fouler aux pieds le prétendu « accord de paix » et, depuis plusieurs mois, engager leurs troupes dans la reconquête militaire du pays.

Quelles ont été, et quelles seront, les initiatives diplomatiques de la France pour empêcher la violence revancharde des Talibans de se déployer ? Quelles actions notre pays compte-t-il proposer pour isoler un régime aux prétentions tyranniques de la communauté internationale, en s’attaquant notamment à ses sources de financement et à ses trafics ? Comment, au-delà des déclarations d’intention, seront appuyées les forces démocratiques afghanes ? Quelle attitude, et quelles sanctions, notre diplomatie compte-t-elle proposer vis-à-vis du Pakistan et des États soutenant de près ou de loin les Talibans ?

C'est avec l'ONU, son Conseil de sécurité et son Assemblée générale, son Comité des droits de l'homme, son Haut commissariat aux réfugiés, que toutes ces questions doivent être traitées sans plus tarder en présence de représentant-e-s des forces démocratiques et de la société civile afghanes.

Tout doit être fait pour aider les Afghan-e-s à reprendre le contrôle de leur destinée, à vivre en pays et en sécurité, dans une société pluraliste et démocratique.

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