AMBROISE CROIZAT

AMBROISE CROIZAT

28 mai 2021
par 
Catégorie(s) :

Attendez-vous encore, et ceci malgré l’énorme travail fait pour rétablir l’histoire, à ce que certains disent que la Sécurité Sociale a été fondée par Pierre Laroque. Ainsi qu’il est dit souvent… de moins en moins heureusement.

Ce qui est curieux, c’est que, lorsqu’on évoque une loi, on lui donne toujours généralement le nom du ministre qui l’a promulguée et non du fonctionnaire qui a participé à sa mise en place. Ainsi dit-on loi Macron, loi Juppé ou loi Veil, par exemple. Eh bien non, là on vous dira loi Laroque, qui n’était pourtant que le fonctionnaire du ministre Ambroise Croizat, qui lui est le politique qui porte le projet de la Sécu. Ben tiens, on ne va pas donner à une institution enviée dans le monde entier, et que socialistes, patrons et droite s’évertuent à casser, le nom d’un ministre communiste.
Et pourtant c’est lui, le bâtisseur de ce beau conquis social de janvier 1946 à juillet 1946, alors qu’il est ministre du Travail et de la Sécurité sociale (de novembre 1945 à mai 1947). On vous parlera encore d’une création de de Gaulle… Oui mais, voilà, de Gaulle avait déjà démissionné (15 janvier 1946) lorsque Croizat, après avoir conçu les lois de création de la Sécu (mai, juin 1946), mit en place les 138 caisses avec la CGT et le peuple de France. Malgré l’opposition violente de la droite, des assurances privées, des médecins, des patrons, des notables mutualistes, de la CFTC.

Une émanation directe du Conseil National de la Résistance
De plus, de Gaulle sera le premier à la casser en octobre 1967 avec les ordonnances Jeanneney, qui suppriment les élections démocratiques des caisses, divisent la Sécurité sociale en trois branches et établissent le paritarisme qui donne la gestion aux patrons.
Juste une petite vérité à rétablir : Pierre Laroque n’est que le commis d’écriture qui mit en forme l’ordonnance portant création de la Sécurité sociale du 4 octobre 1945.
Cette ordonnance est une émanation directe du Conseil national de la Résistance (CNR) et des réflexion et conception collectives menées sous la maîtrise d’oeuvre de Croizat dès sa nomination comme président de la commission du Travail à l’Assemblée consultative (juin 1943) du Gouvernement provisoire à Alger. Et ceci en lien très actif avec les services du ministère de la Santé, dirigé par François Billoux, autre ministre communiste, jamais évoqué lorsqu’on parle de la Sécurité sociale.
Pierre Laroque ne prendra d’ailleurs ses fonctions qu’en septembre 1944. C’est sûr qu’il est difficile d’admettre la réalité de l’Histoire et surtout l’actualité brûlante et la modernité d’un homme comme Croizat à l’heure où droite, patronat et socialistes veulent privatiser ce bien national qu’est notre belle Sécurité sociale.

Un rempart à la souffrance et à l’exclusion
Le meilleur hommage que nous pouvons rendre à Ambroise Croizat est de nous battre sans cesse partout pour que la Sécurité Sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais qu’elle reste ce que le ministre communiste et le peuple de France qui l’ont bâtie ont voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarités, un rempart au rejet, à la souffrance et à l’exclusion.

Partager l'article :

Les dernières actus

UN VERITABLE BANDITISME D’ÉTAT !

Par Patrick Le Hyaric, Directeur le l'Humanité   Pegasus, c’est le nom du logiciel de la start-up israélienne NSO Group, un puissant outil d’espionnage ciblant les smartphones. Le consortium de journalistes Forbidden Stories et Amnesty...

LEPREST ET DIMEY

Il faut signaler à la MOPO (Maison de l’Outil) Mercredi 28 juillet à 21 H 30 la venue de Jehan chantant Leprest et Dimey. La rareté, c’est qu’il sera accompagné par Lionel Suarez, un accordéoniste...

BEAU SUCCES POUR LE STAND DE LA DEPECHE DE L'AUBE

Malgré une météo incertaine et une jauge réduite due à la pandémie, le Festival en Othe a connu un beau succès le Week End dernier. En particulier notre stand de La Dépêche de l’Aube avec...

OBSCÉNITÉ

Impossible d'échapper au rire des quatre passagers du New Shepard qui sortent, inondés de bonheur, de la capsule qui leur a permis d'être trois minutes en apesanteur à 100 km de hauteur pour « observer...
1 2 3 34

Vous ne voulez rater aucun numéro de la Dépêche ?

Abonnez-vous, vous recevrez chaque numéro dans votre boîte aux lettres.
Je m'abonne

© 2021 - La Dépêche de l’Aube

Création : Agence MNKY

magnifiercrossmenuchevron-down linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram