

Dire que Trump souffre d'incontinence verbale est un euphémisme. Dimanche dernier il disait en parlant des Iraniens « nous sommes en train de les massacrer » ; le lendemain « nous sommes en train de les mettre en pièces », utilisant ainsi le lexique du narcotrafiquant mexicain El Chapo. Car Trump vit cette guerre, ou plutôt ce massacre, dans ses tripes : « J'avais peur de m'ennuyer, mais je ne m'ennuie pas ». Il n'est évidemment pas question pour lui de préparer la démocratie en Iran mais de s'emparer du pétrole iranien, ambition partagée par le Premier ministre israélien, et de mettre au pouvoir un homme - forcément - qui serve ses intérêts. Peu importent les conséquences pour les humains, l'essentiel est l'intérêt du Capital.
Alors, entendre le Premier ministre espagnol condamner l'offensive américano-israélienne contre Téhéran et, pire, refuser aux Américains l'utilisation de leurs bases en Andalousie pour attaquer l'Iran, c'en était trop pour l'aspirant Prix Nobel de la Paix. Il fallait montrer à cet allié « terrible » - petite baisse de forme lexicale - qu'on ne résiste pas à Trump. Et d'évoquer la rupture des relations commerciales. Même pas peur des représailles du côté espagnol. Pedro Sanchez a fait une réponse humaniste, magnifique de sobriété et d'efficacité : « il est naïf de penser que les démocraties [...]naissent des ruines, ou encore de penser que l'obéissance aveugle et servile est un acte de leadership », jugeant « inacceptable que des dirigeants[...] utilisent l'écran de fumée de la guerre pour dissimuler leur échec » C'était à l'adresse de Trump mais aussi de ses collègues de l'UE qui n'osent pas ou ne veulent pas dire à Trump « Non à la guerre » , qui n'osent pas ou ne veulent pas « demander la cessation des hostilités et une résolution diplomatique ». Mais E. Macron a une excuse : en 2022, pour pouvoir faire d'une nomination d'ambassadeur le fait du prince, il a dissous le corps diplomatique.
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