
Romilly-sur-Seine
Le soulagement ne gomme pas l’épreuve. Le 1er octobre, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté le déféré préfectoral contestant l’éligibilité de Fethi Cheikh, en raison de son poste à la Maison de la Région Troyes-Chaumont.
Pour le chef de file de l’union de la gauche à Romilly-sur-Seine, cette décision clôt des mois de bataille juridique. En effet, le parcours démocratique aura ainsi pris des allures de course d’obstacles administratifs.
La préfecture avait d’abord refusé d’enregistrer sa candidature aux municipales. Un refus annulé par la justice, permettant à la tête de liste d’Ensemble pour Romilly de se présenter. Après le scrutin, la contestation avait pourtant continué, entretenant l’incertitude autour de son mandat.
La décision du 1er octobre confirme son éligibilité : il était bien fondé à défendre son droit à être candidat.
Une réputation mise à l’épreuve
Pendant que ses concurrents faisaient campagne, Fethi Cheikh devait consacrer du temps et de l’énergie à sa défense. Une procédure qui a pesé sur lui, sa famille et son équipe. Au-delà de la question juridique, cette contestation prolongée a nourri des soupçons dont l’élu décrit aujourd’hui les conséquences sur sa réputation.
Dans sa déclaration publiée après le jugement, il évoque cette blessure : l’impression d’être présenté comme quelqu’un qui aurait cherché à contourner les règles ou à exercer un mandat auquel il n’avait pas droit. Il résume : « On peut combattre mes idées, contester mes positions et souhaiter me battre dans les urnes. C’est la démocratie. » La mise en cause de son intégrité a donné à cette bataille une tout autre dimension.
Sans affirmer l’existence de pressions politiques qu’il ne peut démontrer, Fethi Cheikh interroge l’insistance de l’ancien préfet et rappelle l’exigence d’impartialité de l’État en période électorale. Il remercie notamment le PCF de l’Aube pour son soutien logistique et juridique, ses colistiers, ses proches et ses avocats. Il entend désormais retrouver le terrain, autour des services publics, du pouvoir d’achat et de l’emploi.
Romilly face à un nouveau scrutin
Le même jour, le tribunal a annulé les élections municipales de Romilly en raison de la non-conformité des bulletins utilisés au premier tour par la liste du maire actuel, Adam Da Mota : ils ne mentionnaient pas la nationalité néerlandaise d’une candidate, pourtant obligatoire. Cette annulation est distincte de la question de l’éligibilité de Fethi Cheikh, désormais reconnue. L’élu et son équipe se préparent à porter de nouveau leurs propositions devant les habitants.
Camille Lainé
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