

D’un côté, Trump balaie les inquiétudes concernant l’IA après qu’OpenAI, Anthropic et des chercheurs en sécurité ont enquêté sur des milliers d’incidents liés à des comportements alarmants dans des modèles d’IA « C’est un secteur colossal. Nous sommes en avance sur la Chine et nous investissons des milliards de dollars dans des infrastructures. Pourquoi devrions-nous y renoncer ? » Mais oui, que valent des pertes humaines par millions au regard de la compétition économique avec la Chine ? De l’autre, un scandale littéraire lié à l’utilisation présumée systématique de l’IA agite le milieu de la culture en France et trouve, comme c’est étonnant, un relai à l’extrême droite qui saute sur le fait que l’autofiction en question parle de l’immigration et soit donc l’oeuvre d’un immigré qui triche.
Mais ce scandale, qui peut paraître dérisoire face aux risques de destruction massive de l’humanité, touche en fait une des propriétés mêmes de l’être humain : l’art, qui nous distingue, jusqu’à plus ample informé, des autres animaux. Ce que l’on recherche dans l’art, dans la création comme dans le regard sur la création, c’est l’humanité partagée. Mais que partagera-t-on avec l’IA ? Avant tout sa propre solitude. On sait que l’IA sera le cheval de Troie des capitalistes – c’est déjà en cours – pour se débarrasser des professions « intellectuelles » et des créatifs, aux salaires plus élevés. Mais l’utilisation massive de l’IA dans l’art est le moyen le plus sûr pour désorienter et désarmer intellectuellement la population.
Décidément, un vent mauvais souffle sur la démocratie.
Gisèle Malaval
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