
Le scrutin du 27 septembre dessine un paysage préoccupant. Au niveau national, quatre sénateurs communistes sortants sont réélus : Céline Brulin, Jérémy Bacchi, Gérard Lahellec et Marie-Claude Varaillas. Le groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste – Kanaky demeure le deuxième groupe de gauche au Sénat.
Le Parti socialiste conserve sa place de première force de gauche, avec des victoires dans le Doubs et le Bas-Rhin. Les Écologistes reculent, avec des sièges perdus dans le Bas-Rhin et en Gironde, mais conservent leur groupe au Sénat.Il faut toutefois souligner un fait grave : l’entrée d’un groupe d’extrême droite au Sénat. Après les municipales, le Rassemblement national poursuit son implantation jusque dans les assemblées d’élus locaux qui composent le collège sénatorial. Ce résultat traduit aussi la colère d’un pays où les communes sont étranglées financièrement et les territoires abandonnés par l’État. La réponse passe par des moyens pour les collectivités, des services publics accessibles et des politiques qui améliorent la vie des habitants.
La droite conserve les deux sièges aubois
Dans l’Aube, les deux sièges reviennent à la droite dès le premier tour. Valérie Bazin-Malgras (LR) est élue avec408 voix, soit 55,66 % des suffrages exprimés. VaninaPaoli-Gagin (divers droite), sénatrice sortante, conserve son mandat avec 372 voix, soit 50,75 %. Laurent Marty obtient 328 voix et la sortante Évelyne Perrot 302. Ce résultat confirme le poids de la droite parmi les grands électeurs aubois. Un résultat à déplorer : les communes, notamment rurales, ont besoin de parlementaires qui défendent leurs moyens, leurs écoles, leurs services de proximité et l’accès aux soins, au lieu d’accompagner les politiques d’austérité.
Le RN progresse chez les grands électeurs
Autre signal inquiétant : Adrien Thiebaut, candidat du RN, recueille 197 voix, soit 26,88 % des suffrages exprimés. Il n’est pas élu, mais ce score ne peut être balayé d’un revers de main. Le collège sénatorial étant principalement issu des communes, l’extrême droite a visiblement convaincu bien au-delà de ses seuls élus, y compris parmi des élus de territoires ruraux. Le secret du vote interdit d’identifier ces électeurs, mais le score révèle la progression du RN. Face aux difficultés réelles des villages, le RN avance ses réponses de division et de stigmatisation sans résoudre le manque de médecins, la fermeture des classes ou la baisse des moyens communaux.
Charline Briot et Benoît Thurat ont rassemblé
Dans ce contexte, la candidature de Charline Briot, accompagnée de son suppléant Benoît Thurat, a porté une autre voix. Avec 73 suffrages, soit 9,96 %, Charline Briot devance nettement la candidature de La France insoumise, qui recueille 32 voix. Ce résultat appelle à poursuivre le travail de conviction. Il montre pourtant qu’une gauche républicaine, sociale et écologiste peut se rassembler autour d’un projet commun et parler aux élus du département. Charline Briot et Benoît Thurat ont mené campagne auprès des grands électeurs, pour défendre les communes, les solidarités et une écologie ancrée dans les besoins populaires. Leur campagne a donné une expression à celles et ceux qui refusent de laisser l’Aube choisir entre la droite et l’extrême droite. C’est sur ce rassemblement qu’il faudra continuer de construire.
Camille Lainé
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