SANTÉ DANS L’AUBE : REDONNER DES MOYENS À L’HÔPITAL PUBLIC

SANTÉ DANS L’AUBE : REDONNER DES MOYENS À L’HÔPITAL PUBLIC

23 septembre 2026

Trouver un médecin traitant, obtenir un rendez-vous chez un spécialiste ou accéder rapidement aux soins est devenu difficile pour de nombreuses Auboises et de nombreux Aubois. Mais derrière le désert médical se cache une autre pénurie, moins visible : celle des femmes et des hommes qui permettent à l’hôpital public de fonctionner chaque jour.

Une forte mobilisation :

Les offres d’emploi actuellement publiées par les Hôpitaux Champagne Sud témoignent de besoins dans de nombreux services : oncologie, cardiologie, gériatrie, chirurgie, soins de longue durée ou encore bloc opératoire. L’Établissement public de santé mentale de l’Aube recrute également.

Au Centre hospitalier de Troyes, environ 2 500 équivalents temps plein, dont 280 personnels médicaux, assurent chaque année des dizaines de milliers de passages aux urgences et de consultations, examens et hospitalisations. Derrière chaque acte, il faut du personnel. Un scanner ne fonctionne pas seul, pas plus qu’un bloc opératoire ou un service de gériatrie.

Former dans le public, une nécessité

C’est dans ce contexte qu’une nouvelle formation de manipulateurs en électroradiologie médicale ouvre cette année à Troyes. Et il faut le souligner : il s’agit bien d’une formation publique, portée par le lycée Marie-de-Champagne, en lien avec le Centre hospitalier de Troyes.

Former localement est une bonne nouvelle. Cela permet à des jeunes de se former dans l’Aube et peut contribuer à répondre aux besoins du territoire. Le Centre hospitalier recherche d’ailleurs des manipulateurs en électroradiologie pour ses propres services. Mais former davantage ne suffira pas. Une fois diplômés, ces professionnels pourront exercer dans le public comme dans le privé. Toute la question est donc de savoir si l’hôpital public disposera des moyens, des rémunérations et des conditions de travail permettant de les attirer et surtout de les conserver.

Former avec de l’argent public des professionnels dont l’hôpital a besoin pour ensuite les voir partir faute de conditions d’exercice satisfaisantes serait un immense gâchis.

L’hôpital malade des politiques d’austérité

Depuis des décennies, les politiques libérales ont progressivement imposé à l’hôpital une logique inspirée de l’entreprise : maîtrise permanente des dépenses, recherche de « rentabilité », restructurations, suppressions de lits et réduction des effectifs.

La tarification à l’activité a renforcé cette logique en faisant dépendre une part essentielle du financement des établissements du nombre et du type d’actes réalisés. Les personnels en connaissent les conséquences : équipes sous tension, horaires difficiles, rappels sur les jours de repos, perte de sens et épuisement professionnel. Et lorsque les conditions de travail se dégradent, les difficultés de recrutement alimentent à leur tour celles des équipes déjà présentes.

La crise du Covid aurait dû conduire à rompre définitivement avec cette politique. Les applaudissements adressés aux soignants ne peuvent remplacer durablement les postes, les salaires et les investissements.

Le service public, condition de l’égalité

Dans un département rural et vieillissant, laisser l’hôpital public s’affaiblir signifie nécessairement accroître les inégalités. Les premières victimes sont toujours celles et ceux qui ne peuvent ni parcourir des dizaines de kilomètres ni avancer des frais supplémentaires.

Il faut sortir des logiques libérales, cela suppose de former davantage de professionnels, mais aussi de revaloriser les métiers, améliorer les conditions de travail, recruter suffisamment pour stabiliser les équipes et investir durablement dans les établissements publics.

Face aux politiques libérales qui ont fragilisé notre système de santé, défendre et développer l’hôpital public est devenu une urgence. Parce que la santé n’est ni une marchandise ni un marché : c’est un droit et un biencommun qui doit être garanti à toutes et tous.

 

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