L’ÉCOLE FAIT LES FRAIS DES ÉCONOMIES

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18 septembre 2026

Rentrée scolaire dans l’Aube

Ce mardi, les cartables retrouvent le chemin des écoles, collèges et lycées. Mais derrière les traditionnelles images de rentrée, l’année scolaire 2026-2027 commence dans l’Aube sous le signe des suppressions de postes et de classes. Dans le premier degré, le constat est particulièrement lourd.

21 postes d’enseignants disparaissent dans l’Aube et 37 classes doivent fermer à cette rentrée. Pour justifier ces décisions, l’Éducation nationale s’appuie principalement sur la baisse démographique : 699 élèves de moins sont attendus cette année dans les écoles auboises. Mais faut-il nécessairement transformer chaque baisse du nombre d’élèves en baisse des moyens ?

Moins d’élèves, une occasion manquée

C’est précisément ce que contestent les organisations syndicales. Plutôt que de supprimer mécaniquement des postes, la baisse démographique pourrait permettre de réduire durablement le nombre d’élèves par classe, de renforcer le remplacement, l’école inclusive et l’accompagnement des enfants en difficulté.

Au printemps, la contestation s’était déjà exprimée à Troyes. Plus de 80 personnels s’étaient rassemblés à l’appel de la FSU, de la CGT, de la CFDT, de l’UNSA et de SUD contre les suppressions de postes et la dégradation des conditions de travail. Les syndicats alertaient notamment sur des collèges dépassant parfois les 30 élèves par classe et des lycées où certaines classes franchissent la barre des 35.

Dans le second degré également, les économies sont au rendez-vous. Pour l’ensemble de l’académie de Reims, la préparation de cette rentrée prévoit 58 équivalents temps plein d’enseignants en moins, dont l’essentiel concerne les collèges. Des emplois administratifs disparaissent également. Dans l’Aube, le lycée Paul-Portier de Bar-sur-Seine perd par exemple un demi-poste administratif.

Quand une classe ferme, un territoire est touché

Dans les territoires ruraux, ces décisions dépassent largement les murs de l’école. À Essoyes, parents et élus avaient ainsi organisé au printemps un cortège funèbre pour protester contre la fermeture annoncée d’une classe et la suppression d’un poste.

Ils demandaient un sursis, rappelant notamment l’arrivée prochaine de nouvelles familles avec l’achèvement d’un lotissement.
Car fermer une classe aujourd’hui sur la seule photographie des effectifs peut fragiliser l’avenir d’une commune. Une école est aussi un élément déterminant pour attirer de nouvelles familles et maintenir des services et une vie locale.

L’Éducation nationale réfléchit d’ailleurs déjà à une profonde réorganisation de son implantation dans l’Aube. Lors de l’Observatoire des dynamiques rurales organisé en juin, le rectorat évoquait la constitution de pôles scolaires regroupant plusieurs villages pour répondre à la baisse démographique. À l’horizon 2035, celle-ci pourrait entraîner, selon les projections présentées lors du dialogue social de juin, la disparition de 240 classes dans le département.

Derrière chaque regroupement se posent des questions de transports scolaires, de temps de trajet pour les enfants, d’aménagement du territoire et d’avenir des communes rurales.

Faire de la démographie une chance pour l’école

La baisse du nombre d’élèves pourrait pourtant constituer une occasion historique. Celle d’avoir enfin davantage de temps pour chaque enfant. De renforcer les RASED, les AESH, les remplaçants et la médecine scolaire. D’améliorer l’accueil des élèves en situation de handicap. De permettre aux enseignants de travailler dans de meilleures conditions et aux enfants d’apprendre dans des classes moins chargées.

Autrement dit, moins d’élèves devrait pouvoir signifier une meilleure école, et non automatiquement moins d’enseignants. À force de présenter les suppressions de postes comme la conséquence naturelle de la démographie, on oublie l’essentiel : le nombre d’enseignants n’est pas seulement une variable que l’on ajuste au nombre d’élèves. C’est aussi un choix politique sur la qualité de l’école que nous voulons offrir.

 

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