
Macron a le sens de la répartie et des formules chocs. Il avait dit un jour « On y met un pognon de dingue ». C’était des minima sociaux dont il parlait, affichant son mépris pour les plus précaires et son objectif était de critiquer notre modèle social. Il n’en a jamais dit autant des sommes folles qu’il verse au grand patronat chaque année.
Selon le rapport de la commission sénatoriale publié en 2025, 211 milliards d’euros sont tombés en 2023 dans la poche des entreprises Françaises et, comble de l’histoire, sans contrepartie ni contrôle. Le montant des cadeaux va crescendo chaque année ; il était évalué à 100 milliards en 2010. Le sujet mis à jour, le gouvernement essaya en vain, non pas de contester mais d’en minimiser la somme en demandant un contre-rapport au président du Haut-Commissariat au Plan, un macroniste pur-jus. Comptable de « l’à peu près », il révéla une somme entre 82 et 187 milliards. L’insuffisance de rigueur, dans ce résultat, montre à quel point il ouvre les robinets sans compter. Or, dans ces 211 milliards, il y a 88, 2 milliards d’allègement des cotisations patronales à la Sécurité sociale (source ATTAC France). Ce manque à gagner pour notre Sécurité sociale continue d’en creuser le déficit.
Comble de l’ironie, pour « combler le trou de la sécu », le premier ministre veut mettre à contribution les plus malades, en doublant des plafonds de franchises médicales et en s’attaquant à d’autres mesures. Ainsi il fait porter le chapeau aux malades seuls. Cette mascarade au relent d’injustice sociale serait risible si elle ne pénalisait pas nos concitoyens.
Rien d’étonnant, lorsque les intérêts économiques ou politiques de la classe dominante entrent en conflit avec le bien-être du plus grand nombre, c’est la préservation du capital ou du pouvoir qui l'emporte.
Michel Grossmann
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