
Marine Le Pen, candidate à l’élection présidentielle, dans ses discours nous assure que le RN défendra notre modèle social et nos services publics si elle arrivait au pouvoir. L’implantation des mairies RN et d’extrême droite, renforcée lors des récentes élections municipales, nous montre le contraire et nous donne un échantillon de ce que serait leur gestion du pays.
Nous avons déjà pu nous rendre compte avec la contradiction perçue entre les promesses sociales du RN et ses votes au Parlement, que leurs engagements ne fabriquent que des fausses garanties. Quatre mois après le second tour des élections municipales et leurs arrivées au pouvoir, les masques tombent déjà ! Les nouvelles mairies RN impriment leur style. Visiblement plutôt à l’encontre de leurs promesses. Ils ont déjà un bilan et c’est une catastrophe !
Décomplexés par leurs succès électoraux, les nouveaux élus s’attaquent de front aux symboles. La cérémonie du 1er mai fut supprimée par le nouveau maire RN de Liévin, le drapeau européen fut retiré de la façade des mairies de Carcassonne, de Cagnes-sur-Mer et de Harnes et la commémoration de l’abolition de l’esclavage à Vierzon fut supprimée.
Les maires du RN font main-basse sur la commune en imposant leur idéologie dans tous les secteurs de l’activité municipale. On peut constater : des mesures sociales et budgétaires discriminatoires, des attaques contre la liberté associative et les syndicats, la reprise en main et censure du secteur culturel, la réduction des aides sociales et un tri parmi les habitants, l’hyper-sécurisation, pression sur l'espace public, et un verrouillage de la vie démocratique locale.
Par exemple, le maire de Montargis a stoppé la construction d’une école, d’une crèche et d’un centre pour le traitement du cancer. À Carpentras, la ferme municipale qui produisait en bio des légumes servis dans les cantines scolaires a été fermée.
Côté culture, dans plusieurs villes RN, des festivals ou programmes ont été annulés. À Bagnols-sur-Cèze, la maire Pascale Bordes a dégrossi à la hache la programmation culturelle annulant les venues du trompettiste Ibrahim Maalouf, du chorégraphe Mourad Merzouki et de l’humoriste Muriel Robin ; à Agde, l’ex-député RN Aurélien Lopez-Liguori a réduit le festival de cinéma et les concerts gratuits ; à La Seyne-sur-Mer, c’est la fin du festival Bonaparte, une semaine culturelle célébrant la défense de Toulon, assiégée par une coalition royaliste. À Carcassonne, Christophe Barthès a supprimé la subvention de la Ligue des Droits de l’Homme et exigé la restitution des bureaux, et a expulsé les syndicats des locaux appartenant à la ville.
La liste serait encore longue de toutes pressions qu’exercent les maires RN sur la vie démocratique des communes qu’ils dirigent. Les dérapages s’accumulent au nom de l’idéologie, un avant-goût de ce qui pourrait attendre la France.
Louis Michel
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